Un monde de plus en plus carboné

Le 16 juin 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En 2013, on n'a jamais autant qu'en consommé de charbon depuis 1970.
En 2013, on n'a jamais autant qu'en consommé de charbon depuis 1970.

Moins de deux jours après que les représentants de près de 200 pays aient conclu un nouveau round de négociation climatique, à Bonn (Allemagne), BP présentait, à Moscou, la dernière livraison de ses statistiques énergétiques annuelles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le monde n’est pas en passe de décarboner son économie.

Déconnexion entre PIB et énergie?

Comme l’a rappelé Bob Dudley, le patron de pétrogazier britannique, «l’année 2013 a vu s’accroître la croissance de la consommation d’énergie, alors que l’économie globale stagnait.» Ce paradoxe s’explique aisément. L’an passé, le monde a consommé 2,3% d’énergie en plus qu’en 2012 (+1,8 % entre 2012 et 2013), pour une croissance du PIB mondial de 2,7% environ. Dit comme cela, les nouvelles semblent plutôt bonnes. Elles tendraient à montrer une déconnexion entre croissance de l’économie et consommation d’énergie. Ce n’est pas aussi simple.

Alors que la consommation recule en Europe (-5% en Espagne) et au Japon (les fruits de la crise économique), elle progresse aux Etats-Unis et surtout dans les pays émergents. Malgré le ralentissement de leurs économies, ces derniers alimentent la croissance de la demande (à 80%). Et cela ne devrait pas cesser de sitôt. Les ex-pays en développement engloutissent désormais plus d’énergie (56%) que les anciens pays les plus industrialisés (43%).

Du jamais vu depuis 1970

Globalement, le bouquet énergétique mondial reste peu favorable au climat. Comme en 2012, 87% de l’énergie primaire mondiale sont produites par les énergies fossiles: pétrole, charbon et gaz naturel. L’énergie nucléaire fournit toujours 4% de notre énergie, loin derrière les «renouvelables» et leurs 9% (+1% en un an). L’an passé, le charbon a produit plus de 30% de l’énergie globale: du jamais vu depuis 1970!

Fort logiquement, les émissions de CO2 de notre système énergétique ne cessent de progresser. L’an passé, nos rejets de gaz carbonique «énergétique» ont dépassé les 35 milliards de tonnes, en progression de 2,1% en un an. Entre 1990 et 2013, elles ont bondi de plus de 35%.

Les prix baissent

Peut-on espérer une évolution de la situation? Sans changement de la fiscalité de l’énergie ou du carbone, c’est peu probable. D’une part, parce que les prix des énergies fossiles ont plutôt tendance à baisser. A l’exception du WTI, le prix du baril de pétrole a chuté sur tous les grands marchés mondiaux entre 2012 et 2013. Depuis trois ans, les prix du charbon ne cessent de dégringoler sur les marchés internationaux. Seuls, les prix des molécules de gaz naturel s’orientent à la hausse, à l’exception de celles vendues sur le marché allemand.

Autre raison de s’inquiéter, les gisements d’énergies fossiles restent considérables. Selon BP, les réserves prouvées de pétrole et de gaz ont augmenté entre 1993 et 2013, respectivement de 38% et de 36%. Seules les réserves mondiales de charbon ont diminué de 14% durant cette période. Elles représentent encore plus de deux siècles de consommation, au rythme actuel.



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