Un modèle pour prévoir l’extension des maladies émergentes

Le 13 juin 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le rat du Natal
Le rat du Natal

Des chercheurs britanniques ont mis au point un modèle permettant de prédire la survenue d’épidémies de maladies émergentes, par la prise en compte de facteurs environnementaux. Mise au point avec la fièvre de Lassa, qui sévit en Afrique occidentale, cette modélisation pourrait être appliquée à d’autres maladies, comme Ebola ou Zika.

Grande menace du XXIème siècle, les maladies émergentes, d’origine animale, surviennent le plus souvent du fait de perturbations environnementales. Par exemple la déforestation, qui met l’homme en contact avec de nouveaux pathogènes, de nouveaux vecteurs et de nouvelles espèces réservoirs. Or selon David Redding, du département de génétique, évolution et environnement de l’University College London (UCL), et ses collègues, il est possible de prévoir la propagation de ces maladies en tenant compte de ces changements environnementaux.

Les chercheurs ont tenté l’expérience avec la fièvre de Lassa: fièvre hémorragique comme Ebola, elle sévit uniquement en Afrique occidentale (Sierra Leone, Guinée, Liberia, Nigeria, sud du Mali). Fatale dans certains cas, elle est souvent asymptomatique, et est parfois confondu avec le paludisme. Raison pour laquelle les statistiques sont si imprécises, faisant état de 100.000 à un million de malades par an.

Température, usage des sols, réservoir, etc.

Lors de leur étude publiée dans Methods in Ecology and Evolution, l’équipe a étudié 408 épidémies survenues entre 1967 et 2012 en Afrique, les analysant en fonction de la température, des précipitations, des changements d’usage des sols, ainsi que de la répartition du principal réservoir du virus, le rat du Natal (Mastomys natalensis), présent dans toute l’Afrique.

«Notre nouvelle approche permet de prédire avec succès des épidémies de maladies, en couplant les changements de distribution de l’hôte en fonction de l’environnement, avec les mécanismes de transmission de la maladie du rat à l’homme, ce qui n’avait jamais été fait avant», explique David Redding dans un communiqué de l’UCL.

Un doublement d’ici 2070

En projetant ce modèle dans l’avenir, les chercheurs estiment que le nombre de cas pourrait plus que doubler d’ici 2070, passant de 195.125 à 406.725 cas, aussi bien du fait du réchauffement climatique que de la croissance démographique. La fièvre de Lassa pourrait s’étendre à d’autres territoires vers le nord et vers l’est, touchant notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Selon les chercheurs, le modèle pourrait être affiné en y intégrant de nouveaux paramètres impliqués dans la transmission, tels que les infrastructures de transport, les taux de contact interhumain, et le niveau de pauvreté.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus