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Un meilleur air 2014 avec Kosciusko-Morizet?

Le 07 janvier 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les trois candidats s'engagent pour améliorer la qualité de l'air.
Les trois candidats s'engagent pour améliorer la qualité de l'air.
VLDT

Les candidats conservateurs à la mairie de Paris présentaient, ce matin, leurs propositions visant à assainir la qualité de l’air parisien. Des mesures intéressantes qui semblent avoir été tirées du plan Climat de la ville, adopté il y a tout juste un an.

C’est entourée de ses alliés Marielle de Sarnez (Modem) et Yann Wherling (UDI), que l’UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté, ce mardi 7 janvier, le volet Air de son programme environnemental pour les élections municipales à Paris.

Le sujet n’a pas été choisi par hasard: il est pratiquement absent du programme de la principale concurrente de l’ancienne ministre de l’écologie, la socialiste Anne Hidalgo. Dans ses 196 pages de propositions, la dauphine du maire actuel, Bertrand Delanoë, s’engage «juste» à diminuer «de 40% supplémentaires les oxydes d’azote, de 28% les particules fines et de 40% les particules très fines», d’ici 2020. Sans nous donner la recette de cette louable ambition. étant entendu que ces concentrations de polluants sont supposées, depuis 2002, avoir baissé de 35% pour les PM10, de 40% pour les PM 2,5 et de 30% pour les oxydes d’azote. Ce que confirme, peu ou prou, Airparif.

Pour autant, l’essentiel de ces résultats, souligne l’association de mesure de la qualité de l’air en Ile-de-France, est imputable au renouvellement du parc automobile, à la généralisation des filtres à particules sur les véhicules diesel et au développement des inserts et des poêles à bois plutôt qu’à la politique de la ville de Paris.

Des engagements applicables immédiatement

Les candidats de l’opposition s’engouffrent donc dans la brèche. Rappelant que plus de la moitié des Parisiens résident à moins de 150 mètres d’un axe à fort trafic routier, Nathalie Kosciusko-Morizet prend 10 engagements «applicables immédiatement» pour rendre Paris plus respirable.

A commencer par l’interdiction de circulation, «dès 2017» des poids lourds et cars de tourisme dont les émissions seront supérieures à celles fixées par la norme Euro IV. En 2020, ce seront les poids lourds qui ne répondront pas à la norme Euro VI qui se verront refuser l’accès à la capitale. Une promesse qui ne sera pas très difficile à tenir. En règle générale, la durée de vie des poids lourds des flottes est inférieure à 5 ans. Or les premiers touchés sont ceux qui auront été mis sur la route entre 2006 et 2009; les suivants seront immatriculés à partir de septembre prochain. Marielle de Sarnez a donc raison en parlant d’un engagement «ambitieux, crédible, daté et tenable».

Les trois ténors

Plus sérieux: les trois ténors de la droite environnementale veulent créer, dans chacun des 20 arrondissements, des quartiers propres à très faible émission de polluants atmosphériques, sur le modèle de feu les Zapa ou des Low Emission Zones européennes. «La France est l’un des rares pays d’Europe à n’avoir laissé aucune place à ces Low Emission Zones», souligne Yann Wherling. Ce qui n’est pas tout à fait exact. Car, hormis l’Italie, les Pays-Bas et surtout l’Allemagne, les Zapa restent l’exception dans l’UE.

Révision de concession

Autre gageure: le soutien important au véhicule électrique. La mairie de Paris UMP-UDI-Modem doublerait le montant des aides publiques à l’achat de voitures électriques. Limité aux PME et aux artisans, cet engagement pourrait néanmoins coûter cher à la municipalité. Notamment pour installer 500 bornes de recharge rapide (lesquelles consomment autant d’électricité qu’un pâté de maisons). Ce qui nécessitera d’importants travaux de renforcement du réseau de distribution d’électricité parisien. «Il faudra d’ailleurs réviser le contrat de concession avec ERDF», confie Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) au JDLE.

Fustigeant la diésélisation croissante de la flotte municipale, l’équipe conservatrice veut «peu à peu» éradiquer camions-bennes, bus et autres véhicules fonctionnant au gazole. Ce qui suppose un accord de tous les membres du syndicat régional de transport et des entreprises réalisant la collecte des ordures ménagères.

Vive le freinage magnétique

Haro aussi sur la piètre qualité de l’air du métro parisien. «Il y a quelques semaines, les maximums testés par la RATP dépassaient fortement la limité journalière de 50 microgrammes par mètre cube définie par les normes européennes: 320 µg/m3 à Châtelet, 645 µg/m3 à Auber et 243 à Franklin-Roosevelt», souligne le dossier de presse. C’est singulièrement oublier que les concentrations de polluants, largement imputables au freinage des rames, fluctuent considérablement (de 1 à 100!) selon la densité du trafic. Comme l’indique le relevé mis en ligne par la RAPT. Qu’à cela ne tienne, NKM veut que la RAPT équipe ses rames de métro de systèmes de freinage magnétique. Comme à Montréal.

Pour développer le vélo, l’ancienne maire de Longjumeau veut construire de multiples garages souterrains en silo et surtout transformer les 43 kilomètres de la «petite ceinture» en une véloroute arborée. Outre que sa longueur réelle n’est que de 32 km, l’ancienne voie ferrée pourrait connaître d’autres destins, en développant le RER C, le tram-fret ou les lignes 3 et 8 du tramway parisien, comme le souligne une étude de l’atelier parisien d’urbanisme.

Auto-partage, ENR et MDE

Reprenant une idée lancée par les Verts parisiens dans les années 1980, Nathalie Kosciusko-Morizet veut quadrupler la surface des zones piétonnes parisiennes (qui passeraient donc à 200 hectares) en végétalisant «un maximum de parcours». Dans sa foulée verte, la députée de l’Essonne veut «reconquérir l’asphalte et le bitume» pour créer «jusqu’à un million de nouveaux mètres carrés d’espaces verts», via la plantation de mini ou micro jardins de rue. «La végétalisation de la ville permet de limiter les effets des canicules», justifie Yann Wherling.

Apôtres de l’auto-partage, «car il faut aller plus loin qu’Autolib», les trois candidats veulent aussi améliorer la performance énergétique de l’habitat parisien en développant les énergies renouvelables parisiennes (géothermie et photovoltaïque) et en rénovant drastiquement les bâtiments publics. Ce que prévoit déjà le plan Climat Energie de Paris. A ce propos, nombre de propositions des trois candidats semblent tirées de ce programme, adopté par la ville le 11 décembre 2012.



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