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Un lien établi entre trichloréthylène et maladie de Parkinson

Le 15 novembre 2011 par Geneviève De Lacour

Une étude américaine menée auprès de 99 paires de jumeaux, dont l’un a développé la maladie de Parkinson, met en évidence pour la première fois un lien significatif entre une exposition au trichloréthylène et la maladie de Parkinson.

L’étude, publiée lundi 14 novembre dans la revue Annals of Neurology, suggère que l’exposition à ce solvant multiplie par 6 le risque de développer cette maladie neuro-dégénérative qui provoque un ralentissement des mouvements, des difficultés d’expression et un tremblement des membres.

Jusqu’à présent, les scientifiques suspectaient des facteurs génétiques et environnementaux et notamment l’exposition à des pesticides.

Les chercheurs des instituts américains, canadiens, allemands et argentins qui ont collaboré à ce travail souhaitaient évaluer l’impact d’une exposition à 6 solvants différents dont le toluène, le xylène et le n-hexane et 3 solvants chlorés: le trichloréthylène (TCE), le perchloréthylène (PCE) et le tétrachlorure de carbone (CCl4).

Le TCE entre dans la composition des peintures, des colles, des nettoyants pour tapis et il est connu pour être un dégraissant efficace dans les opérations de nettoyage à sec. Les autorités américaines ont interdit son usage «grand public» en 1997 mais il est toujours autorisé pour dégraisser les pièces métalliques. L’Europe a classé la molécule dans la catégorie des produits cancérigènes, même s’il est encore utilisé dans l’industrie et les pressings. Les autorités américaines estiment que 30% des nappes souterraines sont contaminées par ce solvant, plus dense que l’eau et qui a donc tendance à plonger au fond des nappes.

Pour mener à bien cette étude, les scientifiques ont sélectionné des jumeaux «vrais», sujets intéressants pour leur similarité génétique, et aussi parce qu’ils possèdent généralement le même style de vie. Les jumeaux permettent donc de former un meilleur groupe de contrôle pour ce genre d’étude rétroactive. Ainsi, les 99 paires ont été interviewées afin de retracer leur passé professionnel et notamment leur exposition potentielle à des solvants. Leurs activités de loisir ont également été recensées.

«Notre étude confirme qu’une exposition à des polluants environnementaux accroît le risque de développer la maladie de Parkinson», explique un des co-auteurs, Samuel Goldman. Ce médecin qui travaille à l’Institut Parkinson à Sunnyvale en Californie complète: «Ces malades montrent un décalage de 40 ans entre l’exposition au TCE et l’apparition des premiers symptômes de la maladie ; un laps de temps qui offre la possibilité de ralentir la progression de la maladie». En ce qui concerne le PCE et le tétrachlorure de carbone, «les résultats tendent vers un risque significatif de développer la maladie».

En revanche, aucun lien statistique avec la maladie n’a été mis en évidence pour les 3 autres solvants pris en compte dans l’étude,  le toluène, le xylène et le n-hexane.

Mais les auteurs estiment que ces résultats devront être confirmés auprès de populations dont l’exposition au produit chimique est parfaitement connue.

 
 


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