Un lien entre maladie émergente et le réchauffement

Le 15 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une baisse des précipitations favorise l'accès des humains aux zones contaminées par le patogène.
Une baisse des précipitations favorise l'accès des humains aux zones contaminées par le patogène.

Depuis plusieurs années, médecins, vétérinaires et épidémiologistes annoncent un développement des maladies émergentes du fait des perturbations causées par les changements climatiques. Cette question a d’ailleurs été à l’ordre du jour d’un colloque à Genève organisé, fin août, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

un lien entre climat et l’ulcère de Buruli

Les causes de cette nouvelle menace sanitaire sont connues. Le changement climatique modifie les conditions de température et d’humidité des milieux naturels et donc les dynamiques de transmission de ces agents infectieux. Il intervient également sur l’aire de répartition, l’abondance, le comportement, les cycles biologique de ces microbes ou des espèces hôtes associées, changeant les équilibres entre pathogènes, vecteurs ou réservoirs. Voilà pour la théorie. Reste à bien connaître les enchaînements. Ce qui exige une compréhension de l’évolution spatiale ou temporelle sur le long terme des phénomènes. Raison pour laquelle il est difficile d’établir un lien direct entre les variations climatiques et l’évolution globale des pathologies infectieuses.

C’est pourtant ce qu’a réussi une équipe internationale menée par Aaron Morris (université de Bournemouth, Royaume-Uni), étude à laquelle participe des chercheurs de l’Institut français de recherche sur le développement (IRD).

Dans un article publié dans Emerging Microbes and Infections-Nature, les scientifiques établissent un lien très clair entre le changement climatique et les épidémies d’une maladie émergente en Amérique latine: l’ulcère de Buruli.

Le réchauffement des températures de surface de l’océan tend à augmenter la fréquence des événements El Niño, qui frappent en particulier l’Amérique centrale et du Sud environ tous les 5 à 7 ans, provoquant des vagues de sécheresse. Les scientifiques ont comparé les changements de pluviométrie dans la région avec l’évolution du nombre de cas d’ulcère de Buruli enregistrés en Guyane française depuis 1969 et ont observé leurs corrélations statistiques.

Moins de pluie facilite l'accès aux zones contaminées

De fait, la réduction des pluies entraîne la multiplication de zones d’eaux stagnantes résiduelles, où prolifère la bactérie responsable, Mycobacterium ulcerans. Les habitats marécageux, de ce fait plus accessibles, sont davantage fréquentés par les humains (pêche, chasse), ce qui augmente leur exposition au micro-organisme persistant dans cet environnement aquatique. Au regard des conditions pluviométriques de ces dernières années, les chercheurs craignent une possible recrudescence des cas d’ulcères de Buruli dans le département français.

Au-delà d’une amélioration de la prévision du risque épidémique, ces travaux soulignent la nécessité de prendre en compte un ensemble de paramètres et leurs interactions. Contrairement à l’idée admise, moins de pluie ne signifie pas forcément une baisse de la prévalence de maladies infectieuses. Parallèlement, le réchauffement atmosphérique attendu pourrait offrir des conditions de température impropres au cycle de développement de certains agents pathogènes, comme pour le Plasmodium du paludisme, rappelle l’IRD.



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