Un laser faiseur de pluie

Le 31 août 2011 par Geneviève De Lacour
> 
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

L’idée taraude les scientifiques depuis plus de 50 ans. Comment modifier le climat et faire tomber la pluie?

Une équipe franco-germano-suisse de scientifiques a mis au point un laser portable très puissant appelé Teramobile, le but étant le transformer en instrument de contrôle météorologique. Ce laser, qui peut générer une puissance de 5 térawatts pendant quelques dizaines de secondes, envoie des impulsions lumineuses très courtes qui favorisent la formation de gouttelettes dans les nuages. Mais la technologie n’est efficace que lorsque l’atmosphère est chargée de vapeur d'eau.

Après un premier essai concluant en 2010, les scientifiques de l’université de Genève ont réitéré leur exploit sur les rives du Lac Léman.

Au bout de 133 heures de tirs répétés, des particules d’acides nitriques se sont formées. Ces particules agissent comme autant de noyaux autour desquels les gouttes d’eau peuvent venir s’agglomérer ce qui les empêche de s’évaporer à nouveau. En quelques secondes, les gouttes d’eau se sont développées en gouttelettes plus stables de quelques millièmes de millimètres de diamètre. «Nous n’avons pas fait tomber la pluie», explique Jérôme Kasparian, physicien à l’université de Genève,dont les résultats ont été publiés mardi 30 août dans la revue Nature Communications. «Les gouttes sont trop petites et trop légères pour tomber sous forme de pluie.» Et celui-ci de rajouter: «Pour provoquer des précipitations, il faudrait obtenir des particules 100 fois plus grosses, et capables ainsi de tomber

Favoriser les pluies mais les contrôler aussi: le physicien rêve d’améliorer la technique pour contrôler la mousson et même pour échapper aux inondations.

La Chine, qui est un des rares pays au monde à posséder un «Bureau de la modification climatique», envoie régulièrement des fusées pour ensemencer les nuages. Une campagne a d’ailleurs été organisée juste avant les derniers Jeux olympiques d’été pour empêcher les chutes de pluie pendant la cérémonie d’ouverture. Les fusées, remplies d’iodure d’argent, libèrent les particules métalliques à une certaine altitude qui agissent comme autant de noyaux de condensation dans le ciel pour les gouttelettes d’eau. Mais la technique employée aujourd’hui par les Chinois, précédés dans le temps par les Russes et les Américains, n’a jamais prouvé son efficacité réelle.

L‘équipe Teramobile souhaite, à présent, permettre à ce laser de balayer le ciel sur de grandes surfaces. D’une portée de plusieurs kilomètres, l’instrument atteint facilement des zones de l’atmosphère où se forment habituellement les gouttelettes de pluie. Autre avantage, la méthode évite d’envoyer des produits chimiques dans l’atmosphère comme l’iodure d’argent ou d’autre sels encore utilisés en Serbie pour réduire la taille des grêlons lors des orages.

«D’un point de vue technique, balayer le ciel avec un laser n’est pas vraiment un problème, les boites de nuit le font régulièrement!» conclut Jérôme Kasparian.

 
 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus