Un label bio du cru émerge en Belgique

Le 31 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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Certifié bio et produit et transformé en Belgique
Certifié bio et produit et transformé en Belgique

Une quinzaine de légumes viennent d’être certifiés « bio made in Belgium » grâce à l’initiative des fédérations d’agriculteurs et de transformateurs de Wallonie et de Flandre.

En Belgique comme en France, la plupart des professionnels de la bio veulent rétablir la confiance avec les consommateurs et freiner la tendance à l’industrialisation prônée par certains producteurs. C’est ce qui a poussé les agriculteurs bio de Wallonie -regroupés au sein de l’Unab[1]- à lancer un label «Bio et belge» ( Biogarantie made in Belgium»). Officiellement présenté le 28 juillet à la foire agricole de Libramont, celui-ci est le fruit de deux ans de négociations avec les transformateurs de Flandre (Bioforum Vlandeeren) et ceux de Wallonie et de Bruxelles (Probila-Unitrab).

 

Traçable, local et équitable

Valable sur tout le territoire belge, ce label répond à trois critères principaux. «Il garantit que les aliments sont produits et transformés en Belgique, une traçabilité totale et un juste rémunération de l’agriculteur», explique au JDLE Dominique Jacques, président de l’Unab. Si le produit transformé contient de nombreux ingrédients, 80% d’entre eux doivent provenir au minimum du pays. Quant à la rémunération minimale, elle est en train d’être fixée, filière par filière, à partir des données du Centre wallon de recherches agronomiques (CRAW). «Un producteur de porc doit par exemple toucher au moins 4 euros par produit pour pouvoir vivre», affirme le président de l’Unab.

 

Work in progress

Ce label représente une déclinaison plus stricte de la charte belge d’agriculture biologique (Biogarantie) établie en 1987, qui s’avérait déjà plus ambitieuse que le label européen lancé en 1991. Les produits importés, comme le sucre de canne, le cacao, le café, les bananes et le thé, devaient en effet être certifiés issus du commerce équitable pour pouvoir certifiés en bio.

Ce label «Bio et belge» représente aussi une nouvelle étape «pour éviter les éventuels assouplissements du cahier des charges européen», ajoute Dominique Jacques. A l’avenir de nouveaux critères pourraient être ajoutés pour garantir de nouvelles exigences de bien-être animal, comme «3.000 poules pondeuses au maximum par exploitation, alors que certaines en comptent 36.000 en Belgique», lance le président de l’Unab.

 

Filière maraîchère en tête

Expérimenté depuis le mois de mai dernier, le label Bio et belge s’affiche déjà sur une quinzaine de légumes produits en Flandre et s’appliquera, d’ici la fin de l’année, sur les productions de 2 groupements de producteurs wallons.

En Wallonie, principale région agricole de Belgique, 11% de la surface agricole utile (SAU)[2] est cultivée en bio, selon Bio Wallonie. Contre 7,5% en France. Des deux côtés de la frontière, la consommation de produits bio est au beau fixe. Avec une hausse des dépenses de 18% en 2018, en Belgique, pour les aliments frais.

 

A l’étude en France

Si aucun label comparable n’existe en France, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) a lancé, il y a dix ans, une campagne de sensibilisation annuelle «Manger bio et local c’est l’idéal». La prochaine édition, organisée du 20 au 29 septembre 2019, aura pour thème «Manger bio et local, c’est bon pour le climat». L’idée d’un label est toutefois dans les tuyaux. «C’est en réflexion au niveau de la Fnab, pour se différencier de la charte européenne au niveau de l’origine de la production, du bien-être animal, en visant des tailles maximales d’exploitation, et d’une rémunération équitable du producteur», affirme Sylvie Corpart, représentante de la FNAB. Une réflexion à contre-courant de la loi Alimentation, qui favorise les produits bio «ou» locaux à hauteur de 50% dans les cantines publiques en 2022.

 
 



[1] Union nationale des agrobiologistes belges

[2] Un chiffre qui tombe à 6,6% à l’échelle nationale



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