Un incendie industriel sans pollution

Le 04 mai 2006 par Christine Sévillano
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
pompiers
pompiers

L’incendie de l’usine de traitement de surface Dec, près de Vendôme, n’a pas eu de conséquences environnementales ou humaines fâcheuses. L’incident a semble t-il été bien géré avec notamment le déclenchement du plan d’opération interne (POI).

L'un des ateliers de production de l'usine de Dépôts électrolytiques et chimiques dit Dec, située à Cormenon près de Vendôme (Loir-et-Cher), a connu un important incendie dans la nuit du 23 avril, mais sans toutefois faire de victimes ni sur le site où seul se trouvait le gardien qui a donné l'alerte, ni parmi la population. Ce site Seveso seuil bas, qui est consacré au traitement de surface, est un sous-traitant pour des industriels de la métallurgie (automobile, pétrochimie, armement). Il venait de redémarrer quelques heures plus tôt par une chauffe anticipée. Aucun élément ne permet pourtant d'affirmer qu'elle est liée au déclenchement de l'incendie, détecté à 19h15. «Les sources sont difficiles à identifier, et c'est le cas dès que ce n'est pas dans le cadre d'un acte malveillant», explique Jacques Connesson, chef du groupe de la subdivision du Loir-et-Cher, au sein de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Centre.

Les conséquences néfastes ont été limitées car l'incident ne s'est pas produit dans des bâtiments de stockage de produits chimiques mais dans un atelier de production où sont toutefois utilisées certaines substances. Le traitement de surface nécessite en effet des produits chimiques à base notamment d'acide chromique, d'acide nitrique, et de composés de nickel chimique. Il ne s'agit donc pas de substances chimiques combustibles. «En fait, ce qui brûle dans ce genre d'incendie, ce sont surtout les parties constituées de câblages électriques, les cuves en PVC, les caillebotis utiles pour se déplacer à côté des cuves et le système de ventilation», poursuit Jacques Connesson. Seul le fluide caloporteur, qui permet de transporter de la chaleur sur les cuves dans le processus de production, est un produit organique qui s'enflamme. Bien qu'il n'ait pas tout détruit, l'incendie a détruit une bonne partie des installations et équipements nécessaires à la production.

L'incident a provoqué une pollution atmosphérique du fait des importantes fumées composées de monoxyde de carbone (CO), de dioxyde de carbone (CO2, de composés acides en mélange et d'aérosols. Pourtant, malgré les fumées incommodantes fortement irritantes, les riverains n'ont pas subi d'intoxication élevée. Par précaution, 400 des 700 habitants du village ont été évacués et regroupés dans la salle des fêtes. Ils ont pu retourner à leur domicile à partir de 23h30, une heure après l'extinction du feu par les pompiers. Si les sites Seveso à seuil bas ne sont pas tenus d'être pourvus d'un plan particulier d'intervention (PPI), ils doivent néanmoins disposer d'un plan d'opération interne (POI). Cet outil, élaboré en 2005 à l'usine de Cormenon, a permis de mieux gérer l'interface entre le personnel du site et les pompiers, et ainsi, par exemple, de pouvoir procéder plus rapidement à la coupure du réseau électrique.

En 2004, un incendie était déjà survenu dans cette usine. Après enquête, l'hypothèse retenue par les experts était que le thermoplongeur avait touché une cuve provoquant un départ de feu. «Il est difficile d'être affirmatif quand on arrive sur un lieu où le sinistre a tout fait fondre. L'étude de danger avait alors été revue, comme elle le sera certainement suite à ce nouvel incident, si l'entreprise y survit», conclut le chef de la subdivision de la Drire. Jacques Connesson a reçu, le 25 avril, un ordre de réquisition du parquet qui décidera de la poursuite ou non après appréciation de la conformité ou non des différents éléments techniques rapportés par la Drire. D'ici la publication de ce rapport, les autorités ne dévoileront pas les causes de l'incendie.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus