Un Humain sur 4 n'a jamais entendu parler du réchauffement

Le 27 juillet 2015 par Romain Loury
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CO2 : kesako ?
CO2 : kesako ?
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Selon une étude publiée lundi 27 juillet dans Nature Climate Change, 40% des habitants de notre planète n’ont jamais entendu parler du réchauffement climatique. Paradoxalement, c’est aussi dans les pays du Sud qu’on le craint le plus.

Reposant sur des sondages menés par l’institut Gallup en 2007 et 2008, cette étude américaine est la plus large jamais menée sur la perception du changement climatique, avec 119 pays regroupant 90% de la population mondiale. Son objectif, identifier les facteurs à l’origine de la prise de conscience climatique, très divers d’un pays à l’autre.

Premier constat: les habitants des pays industrialisés (Europe, Amérique du Nord, Japon) sont plus de 90% à avoir entendu parler du réchauffement climatique. A l’inverse, le niveau de conscience s’avère globalement faible en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, notamment dans certains pays très réticents à réduire leurs émissions croissantes.

Parmi ces pays du Sud, 64,5% des Indiens disent ne pas être au courant du réchauffement, juste derrière les Indonésiens (61,2%), dont le pays compte parmi les plus menacés, mais devant le Nigeria (72,2%) et l’Egypte (75%).

Le Sud plus inquiet que le Nord

En revanche, les citoyens des pays du Sud ayant eu vent du réchauffement ont tendance à le considérer comme une plus grande menace pour leur propre avenir que ceux des pays industrialisés. Ainsi, 88% des Indiens et 87% des Indonésiens au courant du réchauffement le ressentent comme une menace sérieuse, contre seulement 64% des Etatsuniens, 64% des Allemands et 45% des Danois.

Parmi les pays industrialisés, la France, dont 93% des habitants sont au fait du réchauffement, fait partie des pays les plus inquiets (81%).

Comment expliquer de telles divergences, a priori contradictoires, entre connaissance et appréciation du risque? Selon les chercheurs, les facteurs en jeu, qu’il s’agisse d’avoir connaissance du réchauffement ou de le craindre, varient fortement du Nord et au Sud.

Approche théorique ou pratique

Dans les pays industrialisés, les personnes ayant entendu parler du réchauffement présentent un plus haut niveau d’études, un plus grand engagement citoyen et un meilleur accès aux moyens de communication. En Chine, les chercheurs retrouvent certes le niveau d’études, mais également le fait de vivre à la ville et le niveau de revenu du foyer.

Dans les pays industrialisés, les citoyens considèrent le risque plus élevé lorsqu’ils sont convaincus de l’origine humaine du phénomène. Une approche théorique qui diffère de celle des pays africains et asiatiques, où les personnes le craignant le plus sont celles qui disent avoir observé un changement des températures locales.

Pour Ezra Markowitz, co-auteur de l’étude exerçant à l’université du Massachusetts à Amherst, ceux qui plaident pour une meilleure prise de conscience «aimeraient mettre en place une stratégie tout-en-un car cela serait plus facile et moins onéreux, mais ce n’est pas la plus efficace: les peuples sont trop divers dans leur approche du problème».



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