Un guide sur les champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence

Le 05 mars 2014 par Marine Jobert
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Les lignes à très haute tension sous surveillance.
Les lignes à très haute tension sous surveillance.
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Pas besoin d’habiter sous une ligne à très haute tension (THT à 400.000 volts) pour y être soumis: votre grille-pain, votre sèche-cheveux et votre bouilloire émettent aussi des champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence (EBF). C’est ce que rappelle un tableau contenu dans un guide pratique que vient d’éditer la Direction générale de la santé (DGS), qui passe en revue l’état des connaissances sur ce phénomène dont les mécanismes sont encore mal élucidés.

 

En 2002, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) classait les champs magnétiques EBF dans la catégorie 2B (cancérogènes possibles pour l’homme), rappelle la DGS. Un classement entre deux eaux, qui avalisait les associations statistiques identifiées par plusieurs études entre l’exposition à ces champs électromagnétiques EBF et les leucémies infantiles[1], mais constatait, en l’état de la science, l’absence de lien de cause à effet. En 2013, l’Anses rappelait en effet que «les études qui ont été conduites pour déterminer un mécanisme biologique de cet effet n’ont pas été concluantes. Elles ont porté notamment sur des animaux et sur des systèmes cellulaires humains in vitro».

 

Toutefois, relative la DGS, ces augmentations du risque de leucémie n’auraient pas des conséquences de grande ampleur: «Environ 0,2% de la population de moins de 15 ans vit à moins de 50 mètres d’une ligne THT en France, soit environ 30.000 enfants. Même si l’on fait l’hypothèse qu’il existe un lien de causalité entre exposition aux champs électromagnétiques à proximité des lignes à haute tension et leucémie infantile, le risque est faible. Dans cette hypothèse (…) cela se traduirait chaque année par un excès de moins de 1 cas de leucémie aiguë chez un enfant de moins de 15 ans».

 

A l’intérieur de la maison, il est possible d’être exposé à ces champs EFB, notamment avec les réseaux électriques, mais aussi via les appareils électroménagers. Cette dernière exposition est fonction de la distance à ces équipements. Des mesures réalisées dans des TGV montrent également des niveaux d’exposition, de l’ordre de 7 μT[2] (TGV un seul niveau) et 2,5 μT (TGV duplex).

 

Dans ce contexte de relative incertitude, le législateur a toutefois pris quelques précautions. C’est notamment le cas en matière d’urbanisme, puisqu’en avril 2013, le ministère de l’écologie demandait aux préfets de recommander aux gestionnaires d’établissement et aux autorités compétentes en matière d’urbanisme de ne pas implanter de nouveaux établissements sensibles dans des zones exposées à un champ magnétique supérieur

à 1 μT.

 

La DGS conclut ce guide par des rappels réglementaires, notamment à l’adresse des travailleurs, et rappelle que les maires des 18.000 communes situées à proximité de lignes électriques à hautes et très hautes tensions peuvent demander la réalisation de relevés de valeurs à Réseau de transport d’électricité (RTE).

 

 


[1] Elle est statistiquement significative pour une exposition résidentielle, moyennée sur 24 h, à des champs magnétiques dont les niveaux sont supérieurs à 0,2 ou à 0,4 microTesla, selon les études.

[2] Le tesla (symbole: T) est l'unité qui sert à mesurer le champ électromagnétique.

 

 



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