Un guide pour (faire) mesurer par l’Etat les émanations de perchloréthylène

Le 26 novembre 2013 par Marine Jobert
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Les pressings ont jusqu'à 2022 pour se mettre en conformité avec les nouvelles normes.
Les pressings ont jusqu'à 2022 pour se mettre en conformité avec les nouvelles normes.
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Situés dans 95% des cas dans des centres commerciaux et en rez-de-chaussée d’immeuble, les pressings sont en prise directe avec les populations. Problème: ces commerces ont recours, pour le nettoyage à sec, à un solvant très puissant, classé cancérigène probable (2A) par le Centre international de recherche pour le cancer (Circ): le perchloréthylène. En attendant son interdiction totale (pour les machines utilisées dans des locaux contigus à des commerces ou des habitations), le ministère de l’écologie a récemment édité un guide pour améliorer la surveillance de la qualité de l’air des habitations adjacentes.

 

La question n’est pas superfétatoire, puisqu’un rapport du ministère de l’écologie datant de 2008 montrait que sur 275 pressings inspectés, 189 sont non conformes en termes de rejets dans l’air et l’eau. En 2011, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) estimait qu’en l’état actuel des investigations, il n’était pas possible d’affirmer que les «dispositions  encadrant les installations de nettoyage à sec utilisant du perchloréthylène sont suffisantes pour garantir des concentrations inférieures à la valeur-guide long terme» dans les locaux riverains des pressings. Dans ce contexte d’incertitude, les riverains de pressing, notamment ceux qui détecteraient des odeurs de solvants anormales dans leur logement, sont invités à se faire connaître pour demander une mesure de la concentration de perchloréthylène. Le coût  des mesures est entièrement pris en charge par le ministère de l’écologie.

 

Les mesures sont réalisées à l’aide de capteurs autonomes, silencieux et peu encombrants, qui sont disposés dans les pièces les plus occupées du logement (salon, chambres à coucher) pendant une semaine. Si des concentrations en perchloréthylène supérieures à 1.250 microgrammes par mètre cube[1] sont mesurées, l’exploitant devra déterminer la cause de ces dépassements et surveiller régulièrement les concentrations atteintes.

 

En 2012, on estimait que dans les quelque 5.000 pressings de France, 90% utilisaient du perchloréthylène, employant 25.000 personnes et un million de litres du produit, soit 8.200 tonnes.

 

 

 

 

 

 



[1] Valeur au-dessus de laquelle le Haut Conseil de la santé publique recommande une action rapide visant à faire cesser ou réduire l’exposition des habitants. En France, la valeur-repère pour le perchloréthylène est de 250 μg/m3 pour les expositions de longue durée (période supérieure à un an).

 

 



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