Un gaz toxique dans la «clim» des voitures?

Le 17 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Un gaz toxique, le tétrafluoropropène, plus toxique que celui qu’il est censé remplacer, serait introduit cette année dans le système de climatisation de nos voitures. C’est l’eurodéputée Michèle Rivasi (Europe-Ecologie-les Verts -EELV) qui l’affirme ce mardi matin, 17 janvier, sur France Info.

Le gaz frigorigène, HFO-1234yf, homologué en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, pourrait remplacer le produit actuellement utilisé, le R134a, et permettre de limiter de 98% l'impact de la climatisation automobile sur l'environnement. Son potentiel de réchauffement global serait, en effet, 335 fois moindre que celui du R-134a.

Mais ce gaz inflammable et toxique pourrait bien mettre également en danger la vie des conducteurs en cas de collision frontale entre véhicules, ou même blesser des pompiers qui tenteraient d'éteindre un incendie de voiture. En effet, la température d'auto-inflammation du HFO-1234yf est assez basse (405°C) et au contact de l’eau, il produit du fluorure d'hydrogène, qui se transforme en acide fluorhydrique. Très caustique, ce puissant poison s’attaque à la peau, puis au système nerveux, et peut provoquer la mort en quelques jours.

«On va remplacer un gaz toxique pour la planète parce qu’il émet beaucoup de CO2 par un autre produit qui est inflammable et très toxique en cas d’incendie au contact de l’eau. Lors d'un accident, les conséquences seront dramatiques, à la fois pour le conducteur et pour les pompiers», prévient Michèle Rivasi, qui se base sur une étude allemande réalisée par l’institut fédéral de recherche sur les matériaux et les essais (BAM), rendue publique par une organisation écologiste allemande. Elle précise que le choix de ce produit répond à un impératif de coût pour les constructeurs.

Le HFO-1234yf, développé par les firmes américaines Honeywell et Dupont, a été homologué en février dernier par l'agence américaine de l'environnement (EPA). General Motors, l'un des principaux constructeurs américains, faisait alors savoir qu'il utiliserait ce réfrigérant à partir de 2013. En Europe, le produit a été retenu après un processus de validation mené par la Société des ingénieurs de l’automobile (SAE), qui représente les intérêts de tous les groupes du secteur automobile.

«Certains constructeurs auraient déjà commencé à utiliser ce gaz toxique», avertit l’eurodéputée, qui faisait, mardi après-midi, une déclaration publique devant le Parlement européen pour le faire interdire.

Interrogé, l’Institut national de la recherche et de la sécurité (INRS) déclare ne pas disposer de fiche toxicologique sur le tétrafluoropropène et n’avoir jamais été, jusqu’à présent, interpelé sur la toxicité de ce gaz.

 


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