Un futur médicament contre le «binge eating»?

Le 27 juin 2012 par Romain Loury
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Une véritable addiction.
Une véritable addiction.

Une équipe américaine a découvert une molécule active contre les comportements de type «binge eating» chez la souris, un agent qui s’était déjà avéré efficace contre d’autres addictions.

A la différence de la boulimie, le syndrome du «binge eating» ne donne pas lieu à des comportements de compensation, tels que vomissements et prise de laxatifs. Apparenté à l’alcoolisme et à la dépendance aux drogues, il s’accompagne souvent de maladies telles que diabète, obésité ou maladies cardiovasculaires, mais aussi de dépression.

Plusieurs travaux menés chez la souris ont suggéré un point commun aux troubles liés à l’alcool et aux drogues: une surexpression des récepteurs de type Sigma-1, présents dans le cerveau. Restait à confirmer ce phénomène dans les addictions alimentaires, ce que vient de faire l’équipe de Pietro Cottone, de l’université de Boston (Massachusetts) lors de travaux publiés dans la revue Neuropsychopharmacology.

Leur modèle de «binge eating»: des rats auxquels les chercheurs ont proposé un régime chocolaté, très riche en sucres, pendant une heure par jour. En quelques jours, ces animaux acquéraient une attitude compulsive, allant même jusqu’à braver la forte luminosité (dont ils ont naturellement horreur) baignant leur mangeoire. Reproduisant ainsi les comportements à risque qui, chez l’homme, accompagnent souvent l’addiction.

Cette fringale quotidienne, les chercheurs sont parvenus à la réduire d’environ 40% grâce à la molécule BD-1063, un antagoniste spécifique des récepteurs Sigma-1, ayant déjà fait ses preuves chez le rongeur lors de travaux sur l’alcoolisme et la toxicomanie.

Après injection du BD-1063, les rats abaissaient leur consommation alimentaire, tout en augmentant le délai entre deux prises. Il était en revanche sans effet sur les animaux contrôles, montrant ainsi qu’il n’agissait pas comme un simple coupe-faim.

Si les chercheurs y voient la piste d’un médicament pour l’homme, on ignore encore si le rôle addictif des récepteurs Sigma-1 s’étend au-delà de la souris et du rat. Avec 15 millions d’Américains qui souffriraient de «binge eating», le marché d’un futur médicament pourrait s’avérer plus juteux chez l’homme que chez ces rongeurs.

 



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