Un éco-quartier privé de fruits et légumes

Le 31 octobre 2011 par Stéphanie Senet
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La petite ville de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), doit inaugurer au printemps 2012 un éco-quartier pas tout à fait comme les autres. A quelques mètres du site, se trouve en effet la montagne de déchets industriels qui a défrayé la chronique depuis cet été, et s’étend aujourd’hui sur 200 mètres de long et 25 de haut. Conséquence : les habitants n’auront pas le droit de faire pousser ni fruits ni légumes.

Bienvenue aux «Temps durables», nouvel éco-quartier à énergie positive. Ce projet, développé par un groupement d’investisseurs et de constructeurs réunis au sein de la Centrale de création urbaine (CCU), propose 1.250 logements dans la partie nord-ouest de Limeil-Brévannes (1).
 
Sur le papier, le site fait rêver avec son champ solaire de 7.000 mètres carrés, sa centrale de cogénération biomasse de 10 MW son jardin central de 6.000 m2, son interdiction aux voitures, et ses prix plafonnés à 3.000 €/m2. Le budget total de ce projet s’élève à 185 M€ (35 M€ pour l’aménagement et 150 M€ pour la construction). Le succès était jusqu’à présent de rigueur: les logements se sont vendus comme des petits pains.
 
Pourtant, les futurs habitants ne cachent pas leurs craintes d’emménager dans leurs nouveaux logements. La vue de la montagne fumante de déchets industriels, abandonnés par la société LGD Développement à seulement quelques mètres de l’éco-quartier, les a fait quelque peu déchanter. «Il a fallu se battre. Les promoteurs nous annonçaient que la décharge allait partir mais il ne se passait rien», déclare Pierre Sergent, président d’une association de futurs propriétaires dont certains ont acheté leur logement sur plans. «Nous n’avons jamais caché la montagne de déchets. Et on a toujours dit aux acheteurs d’aller sur place», plaide Lise Garnier, de Bouygues Immobilier.
 
Certes, la ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a lancé, depuis septembre, l’évacuation des 150.000 m3 de déchets (au plus tard en mars prochain) et promis des travaux d’étanchéification de la zone (voir JDLE). Certes, le gérant de LGD Développement a été condamné à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Créteil. Mais le maire de la commune, Joseph Rossignol (Parti de gauche), ne cesse de crier aux risques sanitaires croissants pour ses habitants, notamment à cause de fortes quantités de sulfure d’hydrogène (H2S) contenues dans les eaux servant à éteindre les feux (voir JDLE). L’élu n’exclut pas de procéder à l’évacuation d’un quartier de la ville. De leur côté, les habitants des Temps durables n’auront pas le droit de planter des légumes en vue de les consommer. Principe de précaution oblige.
 
(1) L’éco-quartier des Temps durables possède sa vitrine sur internet: http://www.lestempsdurables.com/


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