Un contrat stratégique dédié à la filière nucléaire

Le 28 janvier 2019 par Stéphanie Senet
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L'EPR de Flamanville prié de faire ses preuves
L'EPR de Flamanville prié de faire ses preuves
VLDT

L’industrie nucléaire a signé, ce 28 janvier, son contrat de filière. La troisième filière industrielle française doit jouer un «rôle important dans la stratégie énergétique», selon le ministre de la transition écologique François de Rugy.

Dans la prose dédiée au nucléaire, chaque mot compte. Trois jours après avoir (enfin) publié son projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les 10 ans à venir, qui prévoit la fermeture de 4 à 6 réacteurs d’ici 2028, le ministre de la transition écologique a visiblement tenu à rassurer l’industrie nucléaire. «Dans cette stratégie, le nucléaire joue un rôle important. Il ne s’agit pas, je tiens à le dire très clairement, d’une stratégie de sortie du nucléaire mais d’un rééquilibrage dans lequel le nucléaire a sa place», a affirmé François de Rugy. «Nous considérons que dans la production d’électricité en France, et sans doute en Europe et dans le monde, le nucléaire peut jouer un rôle puisqu’il présente une production totalement décarbonée», a-t-il insisté. Ce qui démontre le virage opéré par l’ancien candidat aux élections primaires de la gauche en 2017. L’ancien président du parti écologiste était l’un des seuls à programmer précisément la sortie du nucléaire, cantonné à 50% de la consommation électrique en 2025 et disparu en 2040 pour atteindre 100% d’énergies renouvelables en 2050.

EPR dans la brume

Aucune garantie n’a toutefois été donnée à l’essor des EPR. Le gouvernement attend le démarrage de l’EPR de Flamanville avant de se prononcer. «C’est la sagesse d’attendre que Flamanville ait fait la preuve de son fonctionnement avant d’engager des décisions», a affirmé le ministre de l’économie Bruno Le Maire. Ce qui a logiquement fait réagir EDF. «On comprend très bien qu’il faille déposer un dossier complet. On a deux ans et demi devant nous, ce n’est pas de trop», a commenté Dominique Minière, directeur du parc nucléaire et thermique d’EDF et président du Comité stratégique de la filière nucléaire (CSFN). Pour l’heure, le montant total de la facture (hors intérêts intercalaires) a grimpé à 10,9 milliards d’euros contre 10,5 Md€ précédemment.

Le contrat stratégique de la filière nucléaire met l’accent sur l’emploi, les compétences et les formations, la transformation numérique du secteur, la R&D et la transformation écologique de la filière ainsi que le développement à l’international. Le syndicat CFE-CGC a salué un contrat qui «donne des perspectives essentielles à l’avenir d’une filière industrielle forte de 220.000 emplois qualifiés (directs et indirects, ndlr)».



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