Un chlorovirus aussi attaché aux algues qu’à l’homme

Le 29 octobre 2014 par Romain Loury
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Acanthocystis turfacea, hôte naturel de l'ATCV-1
Acanthocystis turfacea, hôte naturel de l'ATCV-1
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Un virus du genre «chlorovirus», que l’on croyait jusqu’alors restreint aux algues, s’avère présent aussi chez l’homme, révèle une étude américaine publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). Selon ces résultats très préliminaires, il serait lié à un moindre fonctionnement cognitif.

«Les virus capables de passer d’un royaume à l’autre [animal à végétal, ou vice-versa] sont rares. Certains d’entre eux, agissant sur les plantes, sont capables de se répliquer chez leurs hôtes végétaux ainsi que chez des vecteurs de type animaux invertébrés», rappellent Robert Yolken, de la Johns Hopkins School of Medicine de Baltimore (Maryland), et ses collègues.

Dénommé ATCV-1 [1], le virus que ces chercheurs ont étudié s’avère capable d’un écart encore plus grand. Jusqu’alors connu pour n’infecter que l’algue Acanthocystis turfacea, on le retrouverait aussi fréquemment chez l’homme. Une découverte fortuite que l’équipe a faite lors d’une étude génétique menée chez 92 personnes: 43,5% d’entre elles hébergeaient de l’ATCV-1 au niveau de la bouche et de la gorge.

L’ATCV-1 abonde dans les eaux intérieures, où il peut atteindre jusqu’à plusieurs milliers de particules virales par millilitre d’eau. Selon les chercheurs, telle est la source la plus probable de contamination de ces personnes, toutes résidant à Baltimore, ville portuaire du nord-est des Etats-Unis. Les chercheurs creusent actuellement cette piste.

La présence du virus serait loin d’être neutre chez les individus contaminés. L’étude, dont l’objectif initial est d’explorer les liens entre présence oropharyngienne de micro-organismes et fonctionnement cognitif, suggère un effet pour le moins intrigant: les personnes porteuses de l’ATCV-1 présentent une moindre rapidité visuelle, notamment pour le traitement de l’image.

Difficile d’établir un lien de cause à effet avec ces seuls résultats. Toutefois, les chercheurs montrent que des souris préalablement contaminées avec l’ATCV-1 présentent des troubles de l’apprentissage et de la mémoire. Ce phénomène pourrait être lié à une activation immunitaire par le virus, entraînant une production de molécules inflammatoires, elles-mêmes affectant le fonctionnement du cerveau.

[1] Acanthocystis turfacea chlorella virus 1



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