Un bol d’air canadien pour les Chinois

Le 04 janvier 2016 par Yves Leers
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Des bouteilles de 3 litres d'air pur.
Des bouteilles de 3 litres d'air pur.
Vitality Air

La lutte contre la pollution de l’air en Chine déchaîne l’imagination des inventeurs.

«Vitality air». C’est le nom de la start-up canadienne qui croule sous les commandes depuis qu’elle livre en Chine de l’air en boîte capté dans les Rocheuses. Il en coûte environ 18 euros pour la plus petite bouteille en aluminium, format bombe aérosol, livrée avec un masque pour ne rien perdre de l’air pur du lac Louise ou de Banff, en Alberta. Lancée il y a quelques semaines, Vitality air a fait un tabac pour les fêtes à Shanghai et surtout à Pékin, où les alertes à la pollution se succèdent à un rythme infernal. Et ça va continuer pour le Nouvel an chinois, qui commence le 8 février. «Nous avons voulu insuffler un peu d’air frais dans le quotidien des Chinois», explique un des dirigeants de Vitality Air. Des milliers de bouteilles d’air ont quitté le Canada pour la Chine, mais aussi les Etats-Unis, l’Inde, l’Amérique latine et le Proche-Orient.

Au départ, une blague

Les deux fondateurs -Troy Paquette et Moses Lam– qui ont été les premiers surpris de leur succès après une blague qui consistait à mettre aux enchères des sacs d’air jusqu’au jour où cela a marché– expliquent sur leur site comment ils procèdent: ils vont dans les montagnes Rocheuses où ils emmagasinent dans des conteneurs appropriés de grandes quantités d’air certifié le plus pur. Dans leurs ateliers, à Edmonton, ils embouteillent avant d’expédier l’air par air. La fabrication d’un kilogramme d’aluminium générant environ 3 kg de CO2, le bilan carbone de l’air pur envoyé en Chine ne doit pas être négligeable, surtout si les flacons à usage unique ne sont pas recyclés.

Purificateurs en masse

L’imagination n’est pas en reste pour mieux respirer en Chine, par exemple en portant un casque purificateur d’air. Beaucoup moins anecdotique est le boom des purificateurs d’air, qui se vendent par millions depuis quelques années. Foin des querelles diplomatiques, les plus prisés sont japonais, combinant plusieurs technologies (filtres avec ionisateur) d’une grande efficacité contre les particules fines. Le marché n’est pas encore aussi développé qu’au Japon, où ces appareils sont utilisés désormais contre les allergènes, mais on commence à en trouver un peu partout dans les grandes villes chinoises, chez les particuliers, dans les entreprises, les hôpitaux, etc. Il y en a jusqu’à une vingtaine dans un open space de 150 employés. Bientôt un robot baladeur purificateur comme celui inventé par une start-up française pourra faire seul le travail.

Outre leur prix assez élevé (environ 700 € pour un modèle de moyenne gamme), les purificateurs (d’une puissance minimale de 100 watts) ajoutent une consommation d’électricité supplémentaire dans un pays où celle-ci est produite par le charbon, lui-même responsable avec le pétrole de la pollution atmosphérique.



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