Un bilan électrique presque normal

Le 22 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La ligne THT Cotentin-Maine est sur le point d'être achevée.
La ligne THT Cotentin-Maine est sur le point d'être achevée.

Comme chaque année à pareille époque, RTE a présenté, ce matin 22 janvier, le bilan électrique de l’an passé. A première vue, le gestionnaire des réseaux de transport français ne relève pas de grandes difficultés.

S’établissant à 489,5 térawattheures, la consommation globale annuelle a progressé de 2,1%, entre 2011 et 2012. La conséquence de la sévère vague de froid du mois de février et du caractère bissextile de 2012, rappelle RTE. Toujours cette sensibilité française aux frimas hivernaux, du fait de l’importance du chauffage électrique dans l’Hexagone.

Persistance de la crise économique oblige, l’industrie voit sa demande baisser de plus de 4% (à plus de 5,5 TWh/an): trois points de moins que les PME (à 13,6 TWh/an). Des tendances compensées par la hausse de la consommation des particuliers et des professionnels: +2,4% (à 17,4 TWh/an). Quelques évolutions sont à noter pour la partie production. Globalement, celle-ci recule de 0,3% (à 541,4 TWh/an).

Tout comme la production des centrales nucléaires (-3,8%) et celle du parc thermique à flamme (-7%). A noter, dans cette dernière catégorie, le boom du productible des installations au charbon: +35%. La faute à la faiblesse des prix de la houille (indirectement imputable au gaz de schiste américain) et aux basses températures de février qui ont généré des pointes de consommation (102.100 mégawatts, le 8 février).

Les renouvelables s’en tirent bien, en faisant monter à 16,4% leur part de marché sur l’année: «Du jamais vu depuis 5 ans», souligne Dominique Maillard, le président de RTE. Cette bonne performance est essentiellement due à un retour à la normale de la production des centrales hydroélectriques (+27% de production), éoliennes (+23%) et photovoltaïques (+66%). A elles deux, ces deux ENR ont généré 3,5% de l’électricité produite en France l’an passé (contre 2,6% en 2011).

Normal, si l’on se souvient que le parc éolien s’est accru de 757 MW cette année-là (sa capacité installée au 31 décembre 2012 est de 7.449 MW) et que la puissance photovoltaïque a atteint 3.515 MWc (en hausse de 40% en un an). Pour flatteurs qu’ils soient, ces chiffres apparaissent presque ridicules au regard des puissances installées en Allemagne. «Chaque année, l’Allemagne met en service 7.000 MWc», rappelle Dominique Maillard.

Une électricité qui est prioritaire sur les réseaux allemands et massivement subventionnée. Ces aides permettent aux électriciens allemands, malgré l’arrêt progressif de leur parc électronucléaire, d’être des exportateurs structurels d’électricité en Europe de l’Ouest, taillant des croupières à EDF.

Pour la troisième année, la France est importatrice nette d’électricité allemande à bas coût (8,7 TWh/an). L’Hexagone continue toutefois d’afficher un solde positif avec tous ses autres voisins, pour un bilan total de 44 TWh/an: 14 TWh de moins qu’en 2011.

Cette profusion d’électricité verte allemande a plusieurs effets. Les prix sur les marchés étant plus volatils, les acheteurs d’électrons les acquièrent là où ils sont les moins chers. Ce qui induit un fort accroissement de l’utilisation des interconnexions. Désormais, les liens France-Allemagne sont saturés pendant un tiers de l’année, contre 1 jour sur 5 en 2010. Il faudra donc, explique RTE, renforcer les ouvrages entre les deux pays.

A moins, bien sûr, que la Cour européenne de justice ne décide (son jugement est attendu dans les prochaines semaines) que les tarifs d’achat de l’électricité d’origine renouvelable est une aide d’Etat. Ce qui pourrait renchérir le coût des électrons éoliens et photovoltaïques, en France, comme en Allemagne.



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