Un bâtiment pour éliminer les mauvaises odeurs

Le 27 novembre 2007 par Agnès Ginestet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Les sociétés Ahlstrom et Icare (groupe Locabri) ont été désignées comme lauréates des Trophées des technologies économes et propres remis par l’Ademe lors du salon Pollutec. Elles proposent une solution pour limiter considérablement les nuisances olfactives, notamment issues des boues industrielles.

Une superficie de 1.500 mètres carrés pour stocker et traiter les odeurs émanant de 3.200 tonnes de boues papetières: c'est le premier bâtiment, conçu par Icare et installé sur un site du producteur de papiers spéciaux Ahlstrom à Pont-Evêque dans l'Isère, qui a permis de tester une nouvelle technologie. L'objectif final de réduction drastique des odeurs incommodant les riverains a été atteint, et c'est ce qui vaut aux deux sociétés de recevoir ce prix de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). «Les riverains qui habitent à 200 mètres ne détectent plus d'odeurs», constate ainsi Joseph Dussaud, directeur des recherches stratégiques chez Ahlstrom.

La Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Rhône-Alpes ayant demandé à Ahlstrom d'essayer de remédier au problème des odeurs gênant fortement les riverains, une de ses équipes de recherche et développement a planché sur des méthodes de traitement. «On a d'abord fait des essais en utilisant un pulvérisateur de désodorisant, mais cela n'a fait que renforcer les mauvaises odeurs», indique Joseph Dussaud.

La nouvelle technologie qui s'est avérée efficace permet, selon Ahlstrom, de réduire jusqu'à 95% les odeurs entre l'intérieur et l'extérieur du bâtiment, et pourra être généralisée à de nombreux usages, comme dans l'industrie agro-alimentaire, les unités de stockage de lisier et les sites de déshydratation de boues de stations d'épuration. Elle utilise un procédé de photocatalyse pour éliminer au maximum les composés organiques volatils (Cov) responsables des mauvaises odeurs. Un système de filtre à charbon actif sur lequel est déposé du titane permet d'adsorber les polluants. «On se sert de l'énergie solaire. Les ultra-violets atteignent le titane et cela crée des radicaux libres qui détruisent les molécules organiques», précise Joseph Dussaud. L'adsorption se produit ainsi la nuit, la destruction des polluants et la régénération des sites d'adsorption du charbon actif ayant lieu durant la journée.

L'Ademe a participé à hauteur de 30% de l'investissement dans le bâtiment mis en surpression et ventilé qui a servi d'atelier pilote pour mener des essais pendant plusieurs mois sur les boues papetières destinées à l'épandage agricole. Ce dispositif sera désormais proposé sur le marché sous forme de kit accompagné de la technologie de photocatalyse. «Le coût global du bâtiment équipé est de 290.000 euros, dont 3.700 euros de coût d'exploitation annuel, 1.200 euros de surcoût énergétique lié à la consommation des ventilateurs, et 2.500 euros de maintenance des tissus actifs», souligne Joseph Dussaud.






A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus