Un barrage plus petit à Sivens

Le 06 mars 2015 par Stéphanie Senet
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Un barrage plus petit mais un grand point d'interrogation
Un barrage plus petit mais un grand point d'interrogation

Sans surprise, le conseil général du Tarn a voté, ce 6 mars, l’abandon du projet initial de barrage à Sivens en faveur d’une retenue plus petite, dont l’emplacement reste à préciser.

 

Fortement recommandé par le ministère de l’écologie depuis la publication, mi-janvier, du rapport des experts du CGEDD[1] en faveur de deux solutions alternatives, l’abandon du projet du conseil général du Tarn a formellement été acté. L’assemblée départementale a adopté par 43 voix sur 46 la proposition du président socialiste Thierry Carcenac. Deux élus PCF et un élu écologiste ont voté contre.

L’information selon laquelle Ségolène Royal a promis à Albi qu’il serait indemnisé par l’Etat pour les travaux déjà engagés, avait été divulguée trois jours plus tôt. Ce qui a sans doute pesé lourd dans la balance.

Les élus départementaux, qui seront renouvelés dans trois semaines, ont également voté «l’expulsion sans délai» des occupants de la ZAD (zone à défendre). Le site, où est mort le militant Rémi Fraisse le 26 octobre dernier lors d’affrontements avec la police, a été totalement évacué dans le courant de l’après-midi. 21 opposants à la construction du barrage ont été interpellés par les forces de l’ordre.

 

Un nouveau barrage aux contours flous

Il n’y aura donc pas, à Sivens, de retenue de 1,5 million de mètres cubes, mais les contours du futur barrage restent flous. «Le conseil général a fait le choix de privilégier la réalisation d’un réservoir plus réduit, à l’amont du projet», se sont contentés d’affirmer les ministres de l’écologie et de l’agriculture dans un communiqué commun.

La délibération du conseil général n’est guère plus explicite. L’assemblée souligne «la nécessité de réaliser une retenue dans la vallée du Tescou». Elle ajoute qu’elle sera «redimensionnée» et se trouvera «sur la zone de projet». Un protocole transactionnel sera par ailleurs négocié avec l’Etat, qui s’est engagé à apporter son soutien financier et technique.

 

A 50 ou 300 m en amont?

La nouvelle retenue pourrait être implantée à 300 mètres en amont du site initial, comme l’a préconisé le rapport du CGEDD, afin d’épargner une partie de la zone humide. Mais elle pourrait aussi être construite à quelques dizaines de mètres seulement, comme le craint l’association locale. «Selon nos informations, plusieurs conseillers généraux seraient favorables à une structure sur la zone, étant donné que le terrain est déjà déblayé», explique au JDLE Christian Conrad, du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. Selon le naturaliste, une retenue, qu'elle soit construite à 50 ou à 300 mètres, provoquera de toute façon «des dommages irrémédiables sur les espèces de la zone humide».

 

Pas de concertation

Peu surpris par la décision du conseil général, Christian Conrand n’en reste pas moins amer. «La concertation souhaitée par le ministère de l’écologie n’a pas eu lieu. Nous n’avons eu que deux réunions avec les parties prenantes. Lors de la première, rien n’a abouti. Et le jour de la deuxième, mi-janvier, le rapport du CGEDD sortait, sans pouvoir prendre en compte aucune de nos propositions». Le Collectif préconisait de se tourner vers les retenues collinaires existantes, qui sont sous-utilisées, et de démarrer au plus vite la restauration de la zone humide. Aujourd’hui, ni le Collectif, ni les agriculteurs locaux ne connaissent la localisation et le volume de la retenue d’eau.

 



[1] Conseil général de l’environnement et du développement durable

 



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