Un antibiotique enfin efficace contre certaines E. coli

Le 21 mars 2012 par Romain Loury
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L'azithromycine révèle de nouveaux effets
L'azithromycine révèle de nouveaux effets

L’azithromycine, antibiotique notamment prescrit contre la turista, semble très efficace contre certaines infections à Escherichia coli, selon une étude allemande publiée dans le Journal of the American Medical Association (Jama).

Les antibiotiques sont normalement déconseillés dans le traitement des Stec (Shiga-Toxin Producing E. coli): ils pourraient favoriser la production de shiga-toxine, à l’origine du syndrome hémolytique et urémique (SHU), complication potentiellement mortelle de ces infections.

Pour l’équipe de Martin Nitschke, de l’hôpital universitaire de Lübeck (Allemagne), en première ligne contre l’épidémie survenue, en 2011, dans le pays [1], l’idée d’évaluer l’azithromycine s’est posée de manière indirecte. Ils n’ont administré cet antibiotique qu’en association à l’éculizumab, nouveau traitement du SHU qui a fait ses preuves à l’occasion de cette crise. Dans ce cadre, l’azithromycine n’est prescrite qu’en prévention des méningites, fréquentes avec l’éculizumab.

Or cet antibiotique est par ailleurs utilisé en traitement de la turista, liée à un type particulier d’E. coli, dit «entéro-aggrégatif». Une caractéristique que partage la souche O104:H4, en cause dans l’épidémie allemande [2].

Les médecins ont comparé deux groupes de patients, l’un de 23 personnes ayant reçu éculizumab et azithromycine pour traiter leur SHU, l’autre ayant reçu d’autres traitements -26 personnes sans SHU, 15 avec un SHU disparu sans recours à l’éculizumab.

Résultat: après 14 jours d’azithromycine, tous les patients du premier groupe étaient exempts d’E. coli dans leurs selles. A la différence du groupe contrôle, dont 57,7% étaient encore porteurs de la bactérie 42 jours après les premiers signes cliniques, certains étant infectés jusqu’à 160 jours. Devant ces résultats, les chercheurs ont administré la seule azithromycine à 15 patients du groupe contrôle: aucun d’entre eux n’a développé de SHU.

Au-delà des diarrhées persistantes, le portage à long terme d’une E. coli constitue un risque pour l’entourage, en raison d’une possible transmission. L’intérêt est donc aussi bien individuel que collectif, estiment les chercheurs, qui appellent à des études prospectives -et non plus rétrospectives  comme celle-ci.

[1] Liée à des graines de fenugrec contaminées, cette épidémie apparue fin mai 2011 a touché 3.900 personnes (3.775 rien qu’en Allemagne), dont 781 cas de SHU et 46 décès.

[2] L’E. coli O157:H7, liée à la viande crue, et l’O104:H4 sont toutes deux «entéro-hémorragiques » (elles provoquent des colites hémorragiques), mais seule cette dernière est dite «entéro-aggrégative », terme reflétant son mode d’adhésion aux cellules.

 



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