Un Américain associe l’infertilité et l’usage des mobiles

Le 31 octobre 2006 par Claire Avignon
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Selon un chercheur américain, l’utilisation d’un téléphone mobile est fortement associée à une baisse de la qualité du sperme chez les hommes souffrant d’infertilité. Mais les experts français doutent du sérieux de l’étude.

Au moment où la plupart des scientifiques se focalisent sur les risques éventuels des mobiles sur le cerveau (étude Interphone), une équipe de chercheurs américains menés par Ashok Agarwal de la clinique de Cleveland, vient de jeter un pavé dans la mare en communiquant, lors d'un colloque de la Société américaine pour la médecine reproductive, les premiers résultats de ses travaux concernant plus de 360 hommes: ceux qui n'utilisent pas de téléphone portable ont une quantité moyenne de spermatozoïdes de 86 millions par millilitre de sperme, avec une motilité (1) de 68% et un taux de spermatozoïdes normaux de 40%. Mais pour les hommes utilisant leur mobile plus de 4 heures par jour, le nombre de spermatozoïdes est de 50 millions par millilitre, avec une motilité de 45% et un taux de spermatozoïdes normaux de 18%. L'Américain met en cause les ondes électromagnétiques émises par les portables.

«Cette recherche montre, après tant d'autres, que ce petit appareil présenté comme l'outil miracle avec lequel on peut et on pourra de plus en plus tout faire n'est  pas anodin, et que son usage peut avoir des effets délétères», estiment les associations Agir pour l'environnement et Priartem.

Mais les experts français restent beaucoup plus prudents; ainsi Jean-François Doré, directeur de recherche à l'Inserm et président du comité d'experts spécialisés «Evaluation des risques liés aux agents physiques» de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), attend la publication d'un article scientifique que Ashok Agarwal compte publier dans la revue Fertility and sterility. D'un point de vue méthodologique, l'analyse ne prend pas en compte le facteur âge, par exemple. «Ensuite, cette étude peut être biaisée, car le chercheur a étudié le cas de personnes déjà malades qui ont tendance à accuser... n'importe quoi, estime Jean-François Doré. Enfin, je suis étonné du nombre de personnes passant 4 heures par jour au téléphone mobile, quel métier font-ils? L'infertilité ne serait-elle pas liée plutôt à d'autres facteurs, comme le stress ou le travail lui-même?»

Quoiqu'il en soit, les résultats de cette étude ayant été publiés dans le cadre d'un colloque, et non d'une revue, l'Afsset ne va pas la prendre pas en compte, attendant une éventuelle publication dans une revue à comité de lecture.

Reste que le doute continue à régner dans l'esprit des utilisateurs de mobile et des associations environnementales. L'Afsset a publié deux rapports plutôt rassurants, mais les conditions de publication (2) du premier continue à décrédibiliser l'agence. En outre, la publication des résultats d'Interphone, étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), ne cesse d'être repoussée. «Il est vraiment temps que l'étude sorte», estime Dominique Martin, porte-parole de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom). Mais mettra-t-elle fin au débat? Rien n'est moins sûr: les éventuels effets à long terme, encore impossibles à repérer, devraient continuer à l'alimenter.



(1) Capacité à se mouvoir

(2) Voir l'article du JDLE intitulé «Afsse: des défaillances dans les expertises et l'organisation»




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