Un agenda européen sur la sécurité industrielle

Le 13 février 2006 par Christine Sévillano
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raffinerie
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Afin de mieux organiser et coordonner la recherche, et de mieux partager les résultats à l'échelle européenne en matière de risques industriels, la plate-forme technologique européenne dédiée à la sécurité industrielle vient de présenter son agenda stratégique. Ce document décline 5 axes de recherche prioritaires, dont certains points devraient être repris dans le 7e programme cadre de recherche et de développement (PCRD) de la Commission.

La plate-forme technologique européenne dédiée à la sécurité industrielle, dite ETPIS, lancée officiellement le 30 juin 2005, vient de présenter son agenda stratégique de recherche pour renforcer la sécurité au sein des industries pour les 20 prochaines années. Objectif: réduire de 25% les accidents et incidents industriels d'ici 2020. Un vrai défi mais nécessaire, puisque l'Europe déplore un mort toutes les 2 heures et un accident du travail avec plus de 5 jours d'absence toutes les 5 secondes. Sans oublier les accidents industriels, type AZF, qui sont très meurtriers, coûtent très cher à la collectivité en terme de dommages et aux industriels en crédibilité et en image. Cette plate-forme, qui réunit 120 organisations et plus particulièrement des chercheurs, des délégués des autorités, des utilisateurs, des clients et des ONG, doit permettre une meilleure coordination de la recherche sur les risques industriels, un plus grand partage des connaissances et des retours d'expérience, mais surtout donner une vision commune. «ETPIS est un outil de pilotage de la recherche: il doit mieux orienter les équipes vers des travaux répondant aux attentes des industriels. Les résultats des recherches doivent permettre une amélioration de la compétitivité européenne», explique Olivier Salvi, délégué scientifique à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et coordonnateur scientifique de la plate-forme.
L'agenda déterminé le 7 février s'est donc centré sur 5 grands thèmes de recherche. Le premier concerne la méthode d'évaluation et la gestion des risques qui nécessitent un travail sur la complexité de l'activité industrielle afin de mieux les identifier. Le deuxième se concentre davantage sur les nouvelles technologies pour réduire les risques comme le développement d'équipements des salariés capables de renseigner sur la présence et les teneurs de produits toxiques dans un atelier. Autre axe: la sécurité des systèmes des installations industrielles. En effet, certaines sont vieillissantes et dépassent parfois la limite d'âge qu'on leur avait prescrite. Il faut donc un travail d'analyse et de diagnostic pour mesurer leur fiabilité avec une nouvelle méthode. La recherche doit aussi se concentrer sur l'enjeu stratégique représenté par le facteur humain. Celui-ci est considéré comme la cause de 80% des accidents industriels. «Nous devons nous concentrer sur une meilleure adaptation du travail à l'homme et sur l'ergonomie des postes à risque. La recherche doit se concentrer sur la façon de développer une culture du risque et identifier les niveaux de management qui prévalent pour diffuser cette culture», précise Olivier Salvi. Dernier axe de travail: la compréhension des risques émergents liés à la population vieillissante des salariés ou à la fragilité des systèmes et réseaux de l'entreprise. Les salariés qui partent en retraite emmènent avec eux leur expérience de terrain et l'objectif des experts est de pouvoir partager davantage ce savoir-faire. «Il nous faut développer une méthode pour identifier ces risques, les caractériser et les quantifier, afin de fournir aux gestionnaires des risques des outils permettant de trouver les meilleures solutions», poursuit le délégué scientifique.
Les experts européens de la plate-forme vont travailler sur d'autres axes de recherche davantage transversaux, comme la diffusion de l'information. Les experts doivent en effet sortir des méthodes traditionnelles de la formation, pour privilégier des systèmes d'éducation représentant mieux la réalité des risques, comme l'utilisation de procédés de réalité virtuelle ou de jeux de rôle. Un hub sur les risques liés aux nanotechnologies est également en cours de développement. La présentation de cet agenda intervient à un moment important puisque la Commission européenne élabore actuellement son 7e PCRD pour 2007-2013: certaines de ces thématiques industrielles devraient donc y être incluses. Les acteurs de l'ETPIS ont demandé à la Commission 80 millions d'euros par an, mais ils estiment que cela ne suffira pas. Ils comptent sur d'autres financements venant des Etats-membres, dans lesquels ont été constituées des plates-formes nationales (1), et des industriels eux-mêmes désireux de réaliser dans leurs sites certaines expérimentations ou travaux. Les plates-formes sont actuellement en phase de structuration des équipes, qui pourraient commencer à travailler dès les premiers appels d'offre de la Commission au début de l'année prochaine.

(1) Des plates-formes nationales ont été créées en France, en Italie, en Espagne et en Pologne. D'autres sont en cours de création en Finlande, Norvège, Allemagne et Royaume-Uni. En France, le bureau comprend l'Ineris, qui assure le secrétariat, l’association Ecrin et l'Institut pour une culture de sécurité industrielle (Icsi).


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