Un aéroport américain passe aux vers

Le 22 décembre 2011 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article

C’est une première aux Etats-Unis. En février 2012, l’aéroport de Charlotte, une ville de Caroline du Nord qui compte 700.000 habitants, recyclera ses déchets organiques dans un système de lombricompostage. Diffusée par le Charlotte Observer, l’information a été reprise par l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif).

 
Selon le directeur de l’aéroport, Jerry Orr, ce système permettra de traiter jusqu’à 2 tonnes de déchets par jour, essentiellement des déchets alimentaires, des déchets verts, et des serviettes en papier.
 
Le projet, déjà envisagé il y a 15 ans, avait été abandonné. Jerry Orr estime que «les coûts d’élimination ont suffisamment augmenté
pour rendre le projet rentable aujourd’hui».
 
Les déchets organiques seront traités dans une zone de pré-compostage de 750 mètres carrées avec 140 kg de vers dont le coût s’élève à 6.000 $ (4.600 €). Cette zone s’ajoute au centre de recyclage de l’aéroport qui traite aussi l’aluminium, les plastiques et le papier. En 5 ans, ces traitements permettront de réaliser une économie d’1 M$ (760.000 €), ce qui couvrira l’investissement global du centre (1,1 M$).
 
Une partie du compost sera utilisée comme fertilisant sur les 6.000 hectares de terrain que compte l’aéroport, tandis que le reste sera destiné à la vente.
 
Reste à savoir si le lombricompostage sera efficace. Selon Ronald Danise, propriétaire de la société Southern Organics & Supply, qui produit chaque jour plus de 8 tonnes de matières organiques par lombricompostage, «les vers lombrics sont herbivores et ils n’apprécient guère le régime alimentaire nord-américain. Il leur faudra près d’un mois pour traiter complètement un déchet alimentaire, ce qui laisse penser que ce système ne va beaucoup produire».
 
L’idée a en tout cas germé dans d’autres aéroports américains. Celui de Raleigh, la deuxième ville de Caroline du Nord après Charlotte, va aussi se lancer dans le lombricompostage.