Un adjuvant utilisé dans des insecticides plus toxique que le principe actif

Le 21 février 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le glyphosate est le principe actif de ce désherbant le plus utilisé dans le monde.
Le glyphosate est le principe actif de ce désherbant le plus utilisé dans le monde.
DR

Il répond au nom de POE-15, mais il n’apparaît pas systématiquement sur les bidons de pesticides vendus dans le commerce. Pourtant, cet adjuvant éthoxylé est l’un des composants essentiels de la formulation du Round-Up, ce puissant désherbant inventé par Monsanto et vendu par plusieurs marques depuis 2000. Une étude menée par le professeur Gilles-Eric Séralini, Robin Mesnage et Benoît Bernay de l’Université de Caen, et publiée dans la revue Toxicology affirme que cet adjuvant est non seulement toxique en lui-même, mais qu’il est plus toxique encore que le principe actif du Round-Up, à savoir le glyphosate.

 

«On savait déjà que le POE-15 était toxique» explique Robin Mesnage, doctorant. «Mais on n’avait jamais relié la toxicité de ces adjuvants et du glyphosate.» Ce qui pose une question de taille, puisque les études toxicologiques menées par le fabricant pour obtenir l’autorisation de commercialiser sa préparation portent uniquement sur le glyphosate. «Les agences sanitaires et les fabricants d’herbicides évaluent à long terme sur les mammifères le glyphosate seul –et non l’herbicide dans sa formulation commerciale-, mais gardent jalousement confidentiels les détails de ces études réglementaires réalisées par les firmes» déplore les scientifiques. «On nous prend pour des imbéciles quand on nous dit que le glyphosate est le principe actif qui cause les effets secondaires, alors qu’on voit bien que d’autres molécules utilisées sont beaucoup plus toxiques» détaille Robin Mesnage. A l’heure actuelle, la détection du POE-15 paraît compliquée techniquement, puisque que personne ne recherche jamais cette molécule. «Il n’y a pas de méthode pour les détecter» conforme Robin Mesnage.

 

Les scientifiques réclament «une révision des processus d’homologation des pesticides en vue d’incorporer des tests à long terme sur le pesticide en formulation tel que vendu en magasin et utilisé dans l’environnement.» Ils disent craindre que «la toxicité des pesticides existants ait été fortement sous-estimés», ces composés étant d’un usage très répandu.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus