Un accord mondial pour sauver les espèces sauvages

Le 30 octobre 2018 par Stéphanie Senet
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La disparition des animaux sauvages: une alerte majeure sur l'état des écosystèmes
La disparition des animaux sauvages: une alerte majeure sur l'état des écosystèmes
WWF

Sous la pression de l’homme, les populations d’animaux sauvages ont chuté de 60% entre 1970 et 2014, selon la 10e édition du rapport Planète vivante du WWF, publié ce 30 octobre. L’ONG appelle à conclure rapidement un accord mondial pour la nature et les peuples.

En Tanzanie, les braconniers ont réduit des deux tiers en 15 ans la population d’éléphants d’Afrique. En Antarctique, la hausse de la température et la diminution de la nourriture ont fait régresser de 42% en 40 ans, le nombre de manchots Adélie. Le rapport du WWF fourmille d’exemples pour illustrer la chute généralisée du nombre d’espèces de vertébrés au niveau mondial. En se basant sur le suivi de 4.005 espèces de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens sauvages, les biologistes du WWF estiment que 60% de leurs populations ont reculé en moins de 50 ans.

 La grande accélération

Nous vivons «la grande accélération», résume l’ONG. L’explosion démographique et la croissance économique ont démultiplié la demande en énergie, en terres, en produits agricoles et en eau, provoquant l’immense déclin de la biodiversité tel qu’on le connaît à l’échelle planétaire.

«Malgré des tentatives louables visant à mettre fin à cet appauvrissement par le biais d’accords internationaux, telle la Convention sur la diversité biologique (CDB), nous sommes en train d’échouer. Les objectifs actuels et les actions qui en découlent se traduisent au mieux par un ralentissement du déclin», affirme le WWF.

 Echec de la CDB

Le plan stratégique pour la diversité biologique (2010-2020) incluant les 20 objectifs d’Aïchi court en effet à l’échec. Il visait notamment à diviser par deux l’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts (objectif n°5), ainsi qu’à mettre fin à l’extinction des espèces menacées connues et à améliorer leur état de conservation (objectif n°12) d’ici 2020.

 L’après-2020

Pour inverser la courbe morbide, l’ONG plaide pour la conclusion d’un nouvel accord mondial pour la nature et les peuples, dont l’objectif serait de garantir l’approvisionnement alimentaire de la population mondiale tout en maintenant le réchauffement à 2°C et en permettant à la biodiversité de se restaurer. Un nouvel Accord de Paris ciblant la biodiversité en quelque sorte. "Nous avons pour ambition d'obtenir un accord international en 2020 lors de la COP Biodiversité à Pékin", précise Arnaud Gauffier, responsable Agriculture au WWF.

Selon les auteurs du rapport, cette feuille de route post-2020 devrait définir un objectif clair de restauration de la biodiversité, proposer des indicateurs de progrès et engager une série de mesures.

 Une nouvelle feuille de route

Le WWF soutient que l’objectif global de la CDB reste pertinent. Soit, «d’ici 2050, valoriser, conserver, restaurer et utiliser avec sagesse la diversité biologique, tout en assurant le maintien des services fournis par les écosystèmes, en préservant la santé de la planète et en procurant des bénéfices essentiels à tous les peuples».

Côté indicateurs, les auteurs ciblent le taux d’extinction des espèces à l’échelle mondiale (basé sur l’indice de la liste rouge), la modification de l’abondance des espèces (comme l’indice Planète vivante), et l’évolution de la biodiversité locale (comme l’indice d’intégrité de la biodiversité). Reste aux Etats à prendre les engagements nécessaires –selon des scénarios précis– pour stopper réellement la disparition des espèces sauvages et de leurs habitats. En commençant par lutter contre la déforestation et ses causes.



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