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Un accord insuffisant pour réduire les émissions des voitures

Le 18 décembre 2018 par Marine Jobert
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Parlement européen et Conseil ont passé un compromis pour réduire les émissions de CO2 des voitures neuves.
Parlement européen et Conseil ont passé un compromis pour réduire les émissions de CO2 des voitures neuves.

Parlement européen et Conseil ont passé un compromis pour réduire les émissions de CO2 des voitures neuves et des camionnettes. Des objectifs insuffisants aux au vues des enjeux climatiques.

 

C’est l’avant-dernière station avant l’obtention d’un accord final. Ce 17 décembre, Conseil et Parlement européens sont tombés d’accord sur des baisses d’émissions de CO2 d'ici 2030 de 37,5% pour les voitures neuves et de 31% pour les fourgonnettes par rapport à 2021, avec un pallier intermédiaire de 15% en 2025. Plus exigeant que le texte initial de la Commission (30%), moins laxiste que la position des Etats (y compris les producteurs de véhicules) de -35% et en-deçà de la position à -40% du Parlement européen, ce compromis reste totalement sous calibré pour que les transports prennent leur vraie part dans la réduction générale des émissions de CO2. Car, selon un calcul de l’International Council on Clean Transportation (ICCT), c’est une réduction de 70% qu’il faudrait atteindre en 2030 pour que les émissions des voitures soient dans les clous de l’Accord de Paris.

Fonds pour une ‘transition juste’

Cela n’a pas empêché le commissaire européen à l'Action pour le climat, Miguel Arias Canete, de se féliciter de ces objectifs «ambitieux». «Cela montre clairement, une fois de plus, notre engagement indéfectible à l'égard de l'Accord de Paris», a-t-il ajouté. «Il s’agit d’une étape importante dans notre combat contre le réchauffement climatique», a estimé Elisabeth Köstinger, la ministre de l’environnement autrichienne, dont le pays assure la présidence de l’Union. Deux dispositions viennent compléter ces objectifs: infliger des pénalités aux constructeurs qui ne respecteraient pas leurs objectifs de réduction (sans pour autant les sanctionner si leur production de véhicules électriques ou hybrides s’avérait insuffisante) et collecter cet argent pour soutenir «une transition juste» en direction des plus démunis.

Constructeurs mécontents

«L’Europe passe à la vitesse supérieure dans la course à la production de voitures zéro émission, admet Greg Archer, le directeur des véhicules propres à l’ONG Transport & Environment. Et il souligne que, selon la nouvelle loi, «d'ici 2030, environ un tiers des nouvelles voitures seront électriques ou à hydrogène. C'est un progrès, mais ce n'est pas assez rapide pour atteindre nos objectifs climatiques.» Le constat est beaucoup plus amer du côté de l’eurodéputé écologiste Karima Delli, qui tweete sur «la prise en otage par les constructeurs auto». 

Et ces derniers ne sont pas en reste. Le règlement «exige trop tout en promouvant trop peu», selon l'Association allemande de l'industrie automobile (VDA). «Personne ne sait aujourd'hui comment les limites convenues peuvent être atteintes dans le temps imparti», a ajouté le lobby outre-Rhin, soulignant que nulle part ailleurs dans le monde une réglementation aussi stricte n’était en vigueur. «Ces cibles de [réduction d’émissions] extrêmement ambitieuses auront un impact systémique sur les emplois de toute la chaîne de valeur de l’industrie automobile, qui emploie 13,3 millions d’Européens», a menacé l’ACEA, le lobby bruxellois des principaux constructeurs automobiles. La prochaine bataille se jouera sur le front des poids lourds, pour lesquels la Commission a proposé la première réglementation européenne à modérer leurs émissions. Après le vote de novembre dernier du Parlement, un trilogue devrait prochainement s’ouvrir.



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