UIOM: production d'électricité mais pas de chaleur

Le 10 décembre 2004 par Claire Avignon
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thermodyn
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L'installation de turbines à vapeur dans les usines d'incinération est maintenant devenue banale. Cela permet de répondre à une partie non négligeable des besoins en énergie. Toutefois, la cogénération ne peut se développer que de manière concomittante à l'incinération.

La production d'électricité dans les usines d'incinération d'ordures ménagères (UIOM) se situe au deuxième rang des énergies renouvelables derrière l'hydraulique et celle de chaleur également au deuxième rang, derrière le bois et les déchets de bois. Certes, il s'agit d'un calcul qui prend en compte la moitié des 2900 gigawattheure électriques produits (pour l'année 2002) et la moitié des 779 kilotonnes équivalent pétrole utilisés pour le chauffage. Pour une tonne de déchets incinérée, la direction générale des énergies et des matières premières (DGEMP) estime en effet par convention que 50% proviennent de la biomasse et donc n'émet pas de dioxyde de carbone fossile, et que les 50% restant correspondent à une fraction fossile qui comprend notamment les plastiques. En théorie, les 130 incinérateurs français en activité doivent récupérer l'énergie de leurs fours.

Il n'empêche que pour arriver au 21% d'électricité d'origine renouvelable (directive Electricité 27/09/2001), les pouvoirs publics ont besoin de cet apport. Le rachat de la production à hauteur de 4,5 à 5 centimes d'euros par kWh permet aux gestionnaires des usines d'incinération de parvenir à un retour sur investissement sur moins de 20 ans pour une durée de vie de la turbine d'environ 30 ans. Le système mis en place fonctionne bien puisque, aujourd'hui, 90% du tonnage incinéré est traité avec récupération énergétique. En 1995, l'Ademe (Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie) estimait à 85% le taux de valorisation énergétique, et en 2000 à 88%. Même si une grande partie du potentiel paraît donc exploité, «l'enjeu réel est d'assurer le renouvellement du parc», explique Sandrine Wenisch, responsable de la valorisation énergétique des déchets à l'Ademe. «Le marché reste pérenne, estime Alain Jauge, ingénieur commercial à Thermodyn, filiale de General Electrics qui vend des turbines à vapeur et des compresseurs. Il représente une partie non négligeable de notre chiffre d'affaires qui s'élève au global à 182 millions d'euros. A l'heure actuelle, nous avons quatre commandes et nous en enregistrons chaque année.» La puissance des turbines à vapeur varie entre 7 et 10 mégawatt (MW) en général et peut atteindre 35 MW dans certains cas.

Le seul frein, selon l'Ademe, reste le faible développement de la cogénération, c'est-à-dire la production conjointe de chaleur et d'électricité. Les usines d'incinération sont construites toujours plus loin des habitations ou des industriels car les exploitants font face à l'opposition des riverains. La chaleur, qui peut être facilement récupérée sur une roue de la turbine, ne peut donc pas la plupart du temps être exploitée dans la mesure où il faut un réseau d'une grande longueur pour arriver jusqu'aux bâtiments à chauffer. Dans ce cas, les déperditions sont trop importantes. Seules les UIOM d'Ile-de-France installées près des agglomérations, et quelques rares autres usines en régions ont installé une cogénération.

Pourtant, un mécanisme de prime incitative qui peut rapporter jusqu'à 0,3 centimes d'euros du kWh complète le système de rachat de l'électricité. «C'est d'autant plus dommage que la chaleur issue de la cogénération se substitue aux chaudières émettrices de CO2 (gaz, fioul etc.), déplore Sandrine Wenisch, alors que l'électricité issue des UIOM se substitue au nucléaire qui rejette très peu de CO2.» En outre, le seul rendement électrique ne dépasse pas 30% alors que le bilan d'une cogénération atteint un rendement de l'ordre de 85%.




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