Œufs en batterie: la France traîne la patte

Le 05 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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15% des élevages français de poules en batterie ne sont pas conformes à la nouvelle directive européenne en vigueur depuis le 1er janvier 2012 (1). Celle-ci prévoit en effet d’accorder un peu plus d’espace aux poules pondeuses et d’aménager plus confortablement les cages.

 
Selon les estimations du ministère de l’agriculture, la France abrite 550 élevages dont 80 à 90 ne sont pas aux normes. Le coût des travaux est l’une des raisons de ce retard: il faut compter environ 1 million d’euros par élevage. La modernisation totale des fermes représentera donc une enveloppe de 500 M€ dans l’Hexagone.
 
Les travaux de réhabilitation se sont accélérés au cours des 18 derniers mois. Le taux d’élevage conforme est ainsi passé de 15 à 85%, avec un accompagnent financier de l’Etat à hauteur de 20 M€.
 
Aujourd’hui, le temps presse. Bruxelles est en effet en train de constituer les dossiers de procédure d’infraction à l’attention de 14 Etats membres en retard. «Les lettres d’avertissement partiront courant janvier ou en février», a annoncé Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire européen à la santé John Dalli. Des inspecteurs vétérinaires, en charge de la conformité des textes, pourront visiter les fermes dans les pays réfractaires.
 
A partir du 1er janvier, les œufs produits dans ces fermes non conformes sont par ailleurs considérés comme illégaux. Les Etats doivent rapidement soumettre à la Commission européenne des plans d’action afin d’éviter qu’ils ne voyagent.
 
Que vont devenir ces œufs «illégaux»? Selon le ministère de l’agriculture, ils n’iront pas à la poubelle mais seront envoyés à l’industrie pour être transformés, en pâtes par exemple.
 
Les associations protectrices des animaux estiment quant à elles que la directive européenne est floue et inefficace. «Le perchoir est seulement à 3 centimètres du sol, on ne peut pas appeler cela un perchoir. Quant au nid, il s’agit de 4 lamelles de plastiques où les poules ne peuvent pas s’isoler», affirme Brigitte Gothière de l’association L124 (du nom de l’article du Code rural sur la protection des animaux). Quant à la nouvelle superficie de la cage, elle a augmenté de 200 cm2 (2): la surface de 10 tickets de métro.
 
 
(1)   Directive du 19 juillet 1999 établissant les normes minimales relatives à la protection des poules pondeuses
(2)   La superficie est passée de 550 à 750 cm2


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