UE: une présidence finlandaise décevante

Le 03 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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La présidence finlandaise de l'UE, qui s'est achevée avec 2006, n'a pas fait ses preuves en matière d'environnement. Bienvenue à l'Allemagne.

C'est désormais un rituel. Tous les 6 mois, à chaque nouvelle présidence du Conseil de l'Union européenne, le Bureau européen de l'environnement (BEE) présente ses «10 tests écologiques» à l'Etat membre qui prend ses fonctions, pour fixer des objectifs environnementaux précis et au passage, mettre la pression sur le pays concerné. Puis vient le temps du départ, et de l'incontournable bilan.

Concernant la présidence finlandaise, le BEE a donc rendu son rapport fin décembre en annonçant la couleur dès les premières lignes: dé-ce-vant. Au 1er juillet, on plaçait de hauts espoirs dans le candidat nordique, réputé pour ses convictions environnementales. Six mois plus tard, la Finlande échappe de peu au statut de cancre.

Et la liste est longue: bilan mitigé sur la biodiversité, zéro pointé sur l'air, la réduction et le recyclage des déchets, l'agriculture biologique, et enfin, sur l'enjeu majeur de cette présidence, l'utilisation efficace des ressources naturelles. La présidence finlandaise, qui se targuait en juillet de développer une nouvelle conception de l'utilisation des ressources («moins pour faire plus») n'a obtenu aucun accord sur la question de l'éco-efficacité.

Quant à la nouvelle réglementation européenne sur l'agriculture biologique, la Finlande n'a pas tenté d'empêcher l'introduction d'OGM dans les cultures biologiques. Mais c'est sur la question du changement climatique que le ton du BEE se fait le plus sévère: «La politique européenne sur le climat a été au mieux stationnaire, et toutes les questions importantes demeurent sur l'agenda des Allemands».

Quelques avancées indéniables sauvent néanmoins le bilan finlandais. Comme la directive européenne sur la protection des eaux souterraines (1) adoptée après 18 mois de discussion, et saluée comme «la meilleure qui soit» par le rapport. Ou la naissance d'un partenariat sur les questions environnementales avec la Russie.

Et surtout Reach, le règlement sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques. Certes, le BEE reconnaît que le résultat final est loin des intentions de départ, et que «le compromis ne permet pas le retrait du marché de substances chimiques dangereuses alors qu'il existe des alternatives». Mais la Finlande a eu le mérite d'en finir avec le serpent de mer européen avant la présidence de l'Allemagne, fer de lance de l'industrie chimique en Europe. Encourageantes également, les discussions qui ont porté en juillet sur la «nouvelle génération de politiques environnementales» lors de réunions ministérielles informelles même si, rappelle le rapport, «il reste à voir si elles déboucheront sur des mesures concrètes.»

Enfin, le BEE reconnaît que l'action de la présidence finlandaise a été ralentie dans plusieurs domaines par la Commission européenne (politique post-Kyoto sur le climat, sixième programme d'action environnementale), ou le Parlement (directive cadre sur les déchets).

L'Allemagne, qui a pris les rênes de la présidence du Conseil le 1er janvier, est attendue au tournant. Le BEE lui a transmis ses «10 tests écologiques» dès le 20 décembre. Rendu des copies: début juillet.



(1)Voir l'article du JDLE intitulé «Protection des eaux souterraines européennes»




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