Tuberculose bovine: le blaireau enfin innocenté?

Le 30 septembre 2016 par Romain Loury
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Une transmission avant tout entre blaireaux
Une transmission avant tout entre blaireaux
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Le blaireau britannique vient de marquer un point: selon une étude publiée lundi 26 septembre, il semble bien peu responsable des cas de tuberculose bovine observés dans les élevages. Un résultat qui pourrait plaider pour une vaccination ciblée plutôt que pour l’abattage massif.

Chaque année depuis 2013, des campagnes annuelles d’abattage de blaireau sont menées dans le sud-ouest de l’Angleterre. Que reproche-t-on au mustélidé? De transmettre aux élevages la tuberculose bovine, fort coûteuse pour l’agriculture britannique. Le sujet n’est pas sans évoquer celui du loup en France: opposition entre protecteurs de la nature et éleveurs, doutes scientifiques sur le bien-fondé de ces tirs.

Publiée lundi dans la revue Stochastic Environmental Research and Risk Assessment, une étude menée par Aristides Moustakas et Matthew Evans, de la Queen Mary University de Londres, donne du grain à moudre aux défenseurs du blaireau. Grâce à leur modélisation mathématique, les chercheurs sont parvenus à estimer l’importance de la transmission entre blaireaux et élevages. Résultat, les échanges interspécifiques sont quasi-nuls: la maladie se transmet avant tout entre congénères.

Divergences spatio-temporelles

D’un point de vue épidémiologique, ça ne colle en effet pas du tout. Non seulement d’un point de vue temporel (les cycles d’infection sont courts pour les blaireaux, longs pour les bovins), mais aussi spatial. Se chevauchant peu, les zones d’infection présentent des caractéristiques très différentes entre les deux espèces.

Pour les bovins, la tuberculose sévit de manière aléatoire et dispersée, tandis qu’elle se présente sous forme de «clusters» pour les blaireaux. Et pour cause: ces derniers sont des animaux vivant en groupes, quittant peu leur foyer. A l’exception de ceux obligés de fuir, par exemple sous la menace des fusils, ce qui pourrait engendrer de nouveaux foyers sauvages.

L’élevage intensif mis en cause

Pour Dominic Dyer, président de l’association Badger Trust (qui milite pour la vaccination ciblée des blaireaux), «nous pourrions tuer tous les blaireaux de ce pays, la tuberculose bovine continuerait à se répandre dans les élevages, en raison d’un dépistage inefficace de la tuberculose, d’un nombre excessif de transport d’animaux et de la faiblesse des mesures de biosécurité dans les fermes.  C’est l’élevage intensif qui est le réel coupable de l’extension de la maladie».

Selon d’autres travaux publiés en 2016, il semblerait d’ailleurs que les blaireaux évitent les pâturages lorsqu’ils sont occupés par un troupeau, tandis que les bovins délaissent l’herbe souillée par les excréments de blaireaux. A l’inverse, ceux des bovins constituent un apport important de bacilles tuberculeux dans le sol, où ils sont stockés par les vers de terre.



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