Tuberculose bovine: la faute aux éleveurs et aux autorités

Le 05 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les blaireaux ne sont pas les seuls coupables.
Les blaireaux ne sont pas les seuls coupables.

Très actifs, les militants anglais de la protection de la faune sauvage sont sur les dents. En cause: les autorisations de battues délivrées, ces derniers jours, pour réduire à néant ou presque les populations de blaireaux.

Le 17 septembre, le gouvernement britannique a autorisé les chasseurs à massacrer jusqu’à 70% des blaireaux du comté de Gloucester [JDLE]. Jeudi 4 octobre, semblable «licence to kill» a été donnée aux nemrods de l’agglomération de Somerset. Dans les deux cas, il s’agit de réguler les populations du grand mustélidé noir et blanc, réputé porteur du bacille de la tuberculose bovine (Tb).

Si elle répond aux attentes des syndicats d’agriculteurs, cette solution est loin de satisfaire tout le monde. A commencer par la plupart des vétérinaires qui rappellent que le blaireau n’est pas le seul animal sauvage porteur de la Tb. Sangliers ou cerfs sont aussi porteurs de la bactérie Mycobacterium bovis. Les scientifiques soulignent également que l’épidémie de Tb régresse. En juin dernier, 4% du bétail anglais était infecté, soit 2% de moins qu’en juin 2011 (moins de 0,05% des troupeaux français le sont). Bref, la maladie recule, mais pas le gouvernement.

Pour tenter d’infléchir sa position, les protecteurs de la faune ont déjà réuni 150.000 signatures pour mettre un terme à ces chasses, sans succès pour l’instant. Des activistes menacent maintenant de perturber les chasses nocturnes.

Mais l’arrêt des battues pourrait être, indirectement, sonné par Bruxelles. Au cours d’une inspection du dispositif sanitaire britannique, des inspecteurs européens ont dénombré de nombreux dysfonctionnements, tous consigné dans un rapport, publié par The Guardian.

Dans cet audit de «la mise en œuvre du programme d’éradication de la tuberculose bovine», les fonctionnaires de la direction générale de la santé et des consommateurs rappellent que le gouvernement britannique a reçu 50 millions d’euros de subventions communautaires, ces dernières années, pour protéger ses troupeaux. Malgré la mise au point d’un vaccin injectable pour les animaux sauvages, le programme reste peu efficace.

En cause: la dispersion des autorités nationales (anglaise, galloise, écossaise, nord-irlandaise), régionales et locales. Difficile dans ces conditions de mener une action coordonnée et efficace. Les fermiers ne sont pas, eux non plus, sans reproche.

Les trois inspecteurs bruxellois leur reprochent de graves manquements aux règles élémentaires d’hygiène (véhicules et étables sont rarement désinfectés après le départ d’un troupeau), de sécurité (on conduit des bêtes dans des zones réputées contaminées, on oublie de signaler les déplacements sur le passeport des animaux ou dans les bases de données des autorités compétentes). Des autorités qui ont parfois bien du mal à faire leur travail. Des inspections sanitaires de troupeaux sont ainsi réalisées par… téléphone, soulignent les inspecteurs de Bruxelles.



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