Tuberculose bovine: «constat rassurant» pour la faune sauvage

Le 12 juin 2013 par Romain Loury
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La prévalence du blaireau est inférieure à celle du sanglier.
La prévalence du blaireau est inférieure à celle du sanglier.
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Aucun cas de tuberculose bovine n’a pour l’instant été observé dans la faune sauvage en dehors des zones d’infection des élevages bovins, selon les résultats de la première année du réseau Sylvatub mis en place en 2011.

Selon l’article publié dans le Bulletin épidémiologique santé animale-alimentation, les cas de tuberculose bovine recensés parmi les espèces sauvages sous surveillance (cerf élaphe, chevreuil, sanglier et blaireau) se restreignent aux départements classés au niveau 3 -le plus élevé- du réseau Sylvatub (voir le JDLE). Un constat certes «rassurant», qui laisse à penser que les élevages bovins des zones exemptes de la maladie restent pour l’instant hors d’atteinte, mais qui doit inciter à «rester très attentif en 2013», commentent les auteurs [1].

Parmi les départements de niveau 3, figurent ceux dont les élevages bovins sont le plus touchés (Côte-d’Or et Yonne, Dordogne, Pyrénées-Atlantiques et Landes), ainsi que la Seine-Maritime et l’Eure, en particulier la forêt de Brotonne-Maury où la maladie a pour la première fois été décrite dans la faune sauvage. Le plus souvent, c’est chez le sanglier qu’y sont observées les plus hautes prévalences, jusqu’à 8,1% en Côte-d’Or/Yonne et 6,9% en Pyrénées-Atlantiques/Landes.

Bien que considéré comme l’animal sauvage le plus à risque de véhiculer la tuberculose bovine, le blaireau présente la plupart du temps des prévalences inférieures à celles du sanglier: 2,9% en Côte-d’Or/Yonne, 1,9% en Pyrénées-Atlantiques/Landes.

Ces résultats devraient s’affiner par la suite, une fois que Sylvatub aura atteint sa cadence de marche. Notamment lorsque la surveillance sera enfin effective dans l’ensemble des départements de niveau 2 ou 3 -ce qui n’était pas encore le cas en 2012. Reste aussi à y intégrer les données du réseau Sagir, chargé de la surveillance des animaux découverts morts, ce qui est désormais chose faite.

Dans une note de service du 18 mars, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) dévoile quelques évolutions pour la deuxième année de fonctionnement de Sylvatub: l’Ariège, la Haute-Garonne et la Marne passent du niveau 2 au niveau 3, tandis que la Mayenne et les Ardennes intègrent le niveau 2. Tous les autres départements demeurent au niveau 1, celui d’une surveillance dite «événementielle» basée sur les résultats de Sagir et l’analyse d’animaux abattus lors de la chasse et atteints de lésions suspectes.

En France, la tuberculose bovine, qui se transmet par voie alimentaire (consommation de lait cru contaminé) ou par contact d’un professionnel avec un animal porteur, ne fait plus qu’une dizaine de cas par an, souvent contractés à l’étranger. Le risque est avant tout commercial, raison pour laquelle une éventuelle perte du statut «officiellement indemne» (moins de 0,1% des élevages bovins atteints), acquis par la France en 2001, est prise très au sérieux par les autorités.

[1] Seule exception, la détection de cas de tuberculose bovine chez des sangliers d’un parc de chasse de la Marne –des animaux dès lors considérés comme appartenant à la faune sauvage captive, et non libre. Ce qui a valu à la Marne de passer au niveau 3 de surveillance de Sylvatub.



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