Trump sabre bien les budgets environnement et climat

Le 16 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le budget qui rendra l'Amérique plus forte.
Le budget qui rendra l'Amérique plus forte.
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Pour financer un considérable effort de guerre, la Maison blanche pioche dans les budgets des autres ministères. Avec une prédilection pour les plus verts d’entre eux.

Le président américain a présenté, mercredi 15 mars, son premier projet de budget fédéral. À quelques millions de dollars près, son montant est à peu près équivalent à celui du dernier budget de l’administration Obama: 1.065 milliards de dollars (1.001 milliards d’euros). C’est bien évidemment dans la répartition des lignes de crédit que se fera la différence.

La principale est évidemment le gonflement de l’enveloppe allouée au ministère de la défense: +52,3 milliards de dollars (+10%) «sans accroître l’endettement», se félicite Donald Trump. En conséquence, l’argent supplémentaire prévu pour le Pentagone devra être soutiré des caisses des autres ministères et des agences fédérales.

Une soixantaine de programmes annulés

Sans surprise, c’est l’agence de protection de l’environnement (EPA) qui paie le plus lourd tribut à l’effort de guerre. Pour financer l’activité de l’agence, dont l’action sera recentrée sur «la protection de l’air, de la terre et de l’eau», le locataire de la Maison blanche propose un budget de 5,7 milliards, en chute de 31% par rapport à 2017 : la plus forte baisse du budget fédéral. Une soixantaine de programmes seraient ainsi annulés, dont la restauration écologique des grands lacs et de la baie de Chesapeake, l’Energy Star (également utilisée dans l’Union européenne, au Canada et en Australie). Sans oublier le suivi des perturbateurs endocriniens. Plus de 3.000 fonctionnaires et agents devraient ainsi être remerciés, soit 20% du personnel de l’EPA. Du jamais vu!

Plus d’aides au climat

Le ministère des affaires étrangères (le département d’Etat) est à peine mieux loti: -28% d’une année sur l’autre. Parmi les budgets sacrifiés: les fonds devant être versés aux fonds onusiens pour le climat. L’international n’est d’ailleurs plus un sujet d’importance: Washington entend réduire sa participation aux opérations de maintien de la paix, d’aides humanitaires. Même le budget dédié à la Banque mondiale (sise à Washington, pourtant) sera revu à la baisse.

Paradoxe. Honnie par la Maison blanche, le réchauffement climatique est considéré par le ministre américain de la défense. Dans une réponse écrite adressée aux sénateurs, lors de son investiture, le général Jim Mattis, a reconnu que «le changement climatique a un impact sur la stabilité de régions du monde.» L’ancien Marines a aussi reconnu, selon ProPublica, que «les effets du changement climatique - comme un accès maritime accru dans l'Arctique, la montée du niveau de la mer, la désertification, ont un impact sur notre sécurité.»

La chasse à l’argent dédié au climat est passée par le ministère du commerce. Celui-ci voit son budget diminuer de 16%. À ce jeu, la grande perdante est l’administration de l’atmosphère et de l’océan. Son programme de protection du littoral est purement et simplement rayé d’un trait de plume. Il est vrai que pour Donald Trump, la montée du niveau de la mer est une chimère.

Des satellites utiles

En charge de la protection des terres fédérales, le ministère de l’Intérieur subit un coup de rabot plus léger que ses prédécesseurs: -12% seulement. Exit, le programme de protection des anciens sites miniers ou celui de l’acquisition de terrain. Le service géologique (USGS) s’en tire bien avec la préservation des financements du programme de satellite Landsat 9, qui permettra la découverte de nouvelles ressources minières exploitables, espère la Maison blanche.

A propos de satellites, la NASA ne devrait subir qu’une diminution de 0,8% de son budget. Sont maintenus la plupart des programmes d’exploration spatiale et de développement des avions du futur. Coïncidence: la plupart des entreprises impliquées sont aussi les fournisseurs du ministère de la défense. Petite inquiétude, en revanche, sur l’avenir des sciences de la terre (le climat, notamment) dont les crédits devraient baisser.

Et revoilà Yucca Mountain

Avec seulement 5,6% de baisse des crédits, le ministère de l’énergie s’en tire bien. Certains de ses grands secteurs sont confortés, comme la décontamination des sites nucléaires militaires. Surprise: 120 millions sont attribués au projet de site de stockage de déchets radioactifs de Yucca Mountain, abandonné par Barack Obama. Sont jetés aux oubliettes, les programmes d’aides à la climatisation des populations les plus modestes, ainsi que les recherches sur les véhicules du futur: «le secteur privé  est mieux placé pour financer de la recherche et du développement de technologies de rupture et pour les commercialiser.» De quoi chagriner Elon Musk, le constructeur de voitures électriques, qui conseille, par ailleurs, le président sur les questions économiques.

Le ministère de la sécurité intérieure a bien tiré son épingle du jeu budgétaire : +6,8%. Il s’agit, il est vrai, de renforcer la surveillance des frontières, en attendant la construction du «mur» sur la frontière américano-mexicaine. Plus de 2 milliards sont d’ailleurs prévus pour débuter la construction de cet ouvrage de 9 mètres de haut et de plusieurs milliers de km de long. À noter toutefois la suppression de 667 M$ de crédits alloués à l’agence fédérale de gestion de l’urgence (la Fema), en charge du secours aux victimes de catastrophes. 

Quid du devenir de ce projet de budget? Nombre d’observateurs, à Washington, estiment que le Congrès devrait sévèrement amender un texte qui apparaît déjà à certains parlementaires républicains comme un peu trop anti-social.

 

 



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