Trump abaisse les normes de pollution des voitures neuves US

Le 01 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Ce qui ne va pas faciliter le business des constructeurs.
Ce qui ne va pas faciliter le business des constructeurs.

Dès l’an prochain, les voitures neuves pourront consommer plus de carburant et donc émettre plus de CO2.

Le gouvernement américain poursuit son œuvre de détricotage des normes environnementales, héritées de la présidence Obama. Ce mardi 31 mars, l’agence fédérale de protection de l’environnement US (EPA) et le département aux transports (DoT) ont publié les normes d’émission qui s’appliqueront aux véhicules neufs mis sur le marché américain entre 2021 et 2026.

A partir de l’année prochaine, la consommation moyenne de carburant des véhicules légers neufs devra diminuer de 1,5% par an jusqu'à 2026. Les normes «Obama», en vigueur depuis 2012, imposaient un taux d’amélioration de l’efficacité énergétique de 5% par an, amende à la clé pour les contrevenants. Les normes de l’administration Trump (baptisées Safe[1]) prévoient qu’une voiture parcourra, en 2025, 64 km avec un gallon de carburant (3,8 l), contre 86 km avec les normes Obama (Cafe[2]).

22 milliards d'économie?

Pour justifier une telle évolution, l’administration Trump estime que l’allègement des normes évitera aux constructeurs automobiles d’investir 22 milliards de dollars (20 Md€) en technologies nouvelles; économie qui sera (forcément!) répercutée sur le prix de vente des véhicules neufs.

De quoi doper les ventes et réduire, en conséquence, le nombre de voitures anciennes et peu sûres en ciruclation. Accélérer le renouvellement du parc automobile américain diminura de 10% le nombre d’accidents de la route mortels, ont indiqué, mardi, des responsables de l’EPA et du DoT, au cours d’une conférence téléphonique.

300 milliards de litres d'essance

L'environnement et les poumons des urbains ne seront pas à la fête. Dans les premières esquisses des normes Safe, l’administration Trump reconnaissait que leur mise en œuvre allait augmenter de plus de 300 milliards de litres la demande de supercarburant aux Etats-Unis. De quoi accroître de 900 millions de tonnes les rejets US de CO2. Sans parler des NOx et des particules fines.

Laxistes, les normes Safe ne sont pas forcément une bonne nouvelle pour l’industrie automobile américaine. Elles s’opposent, en effet, aux règles californiennes (appliquées par 13 autres Etats fédérés), plus strictes, que l’Etat fédéral souhaite annuler. La Californie et 22 autres Etats ont porté l’affaire devant les tribunaux. L’affaire ne sera pas jugée avant plusieurs années. Quelle norme suivre?

Ford, Honda, Volkswagen et BMW ont déjà choisi. Les quatre industriels ont conclu, durant l’été 2019, un accord avec l’agence californienne pour la qualité de l’air (Carb) au terme duquel ils s’engagent à respecter les normes californiennes. Volvo pourrait prochainement les rejoindre, a indiqué Mary Nichols, la présidente du Carb. General Motors, Toyota et Fiat-Chrysler soutiennent de leur côté l’administration Trump.

La bataille pour la qualité de l’air fait rage sur les deux rives de l’Atlantique nord.



[1] Pour Safer Affordable Fuel Efficient.

[2] Pour Corporate Average Fuel Economy