Trottinettes électriques : pas durables, pas rentables

Le 17 mai 2019 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Les trottinettes électriques en libre service ne sont pas rentable selon une étude du Boston Consulting Group.
Les trottinettes électriques en libre service ne sont pas rentable selon une étude du Boston Consulting Group.
DR

Dans les villes, l’invasion des trottinettes électriques en libre service est spectaculaire. Cette activité n’est pourtant pas rentable à en croire une étude du Boston Consulting Group.

 

Les trottinettes électriques sont partout. Elles envahissent nos trottoirs, nos rues. Rien qu’à Paris, elles sont 15.000 à sillonner les artères. On en attend trois fois plus d’ici la fin de l’année. La popularité de ce nouveau mode de transport attire les opérateurs. D’ores et déjà, le marché mondial de la trottinette pèse 1,5 milliard de dollars. Ce chiffre d’affaires pourrait atteindre 50 Md$ en 2025, selon le BCG. Un chiffre qui reste très théorique. Car pour le moment, la trottinette en flotte libre n’est pas rentable, affirme le consultant.

Mais paradoxalement…

«Malgré tous les avantages que présentent les trottinettes en libre-service, leur adoption en masse n’est pas acquise», avancent Daniel Schellong, Philipp Sadek, Carsten Schaetzberger et Tyler Barrack, auteurs de l’étude. Plusieurs raison à cela: la demande reste insuffisante dans les villes de moins de 100.000 habitants et la baisse des prix incite de plus en plus d’adeptes à acheter leur propre appareil.

En outre, les pouvoirs publics s’inquiètent des conséquences de la trottinette-mania: encombrement des trottoirs, non-respect du Code de la route, etc. En toute logique, la régulation est en marche. La future loi d’orientation des mobilités (LOM) devrait encadrer plus sévèrement l’usage de ce type de véhicules. A leur niveau, les municipalités commencent à sanctionner les trottineurs indélicats.

rude épreuve

Ce n’est pas tout. Le manque de robustesse de ces bicycles électriques influe sur la rentabilité de leur location. Avec une durée de vie de trois mois en moyenne, les trottinettes ne peuvent être suffisamment louées pour ‘rembourser’ leur prix d’achat, estiment les analystes de BCG. Usage intensif, vandalisme: elles sont, il est vrai, soumises à rude épreuve. Leurs batteries doivent en outre être rechargées chaque soir par les employés chargés de récupérer, réparer, charger et redéposer les trottinettes au petit matin. A elle seule, la rémunération de ces juicers en français ? représente la moitié du coût d’exploitation de la flotte.

Dans l’idéal, un opérateur de location doit faire rouler ses trottinettes au moins 6 mois pour rentrer dans ses frais. Des fabricants comme Segway réfléchissent à des modèles plus robustes, dotés d’un plus grand rayon d’action et capables de tenir 10 mois.

Un nombre d’opérateurs qui chutera

Foisonnant, le nombre d’opérateurs devrait fortement se contracter, estime le CGB, Les offres étant relativement similaires, seuls survivront les exploitants qui afficheront les plus forts taux de disponibilité de leurs deux-roues et auront pacifié leurs relations avec les collectivités.

La trottinette façon Vélib’?

Knot sera-t-elle de ceux-là? Focalisée sur le marché BtoB, cette jeune start-up fournit déjà les flottes de la SNCF, de Transdev, ainsi que nombreuses collectivités et entreprises. Mais là n’est pas son seul atout. A la différence de celles de ses grands concurrents, les trottinettes Knot se rechargent sur des bornes fixes, installées devant les bureaux ou les gares. Avantages: ces engins n’encombrent plus les trottoirs, sont moins facilement la cible de voleurs et n’ont pas besoin des services de coûteux juicers

 

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus