Trop de toxines dans les compléments à base d’algues

Le 16 janvier 2013 par Romain Loury
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Les algues peuvent contenir des toxines alimentaires.
Les algues peuvent contenir des toxines alimentaires.

Une équipe de chercheurs allemands remet en cause la commercialisation de compléments alimentaires à base d’algues, dont plusieurs seraient trop chargés en toxines, selon l’étude qu’ils viennent de publier dans la revue Toxicology and Applied Pharmacology.

Vantés pour leurs prétendus bienfaits sur la santé -encore peu démontrés-, ces produits naturels connaissent un essor commercial considérable. Parmi les plus vendus, ceux à base des espèces Aphanizomenon phos-aquae, Spirulina platensis et Chlorella pyrenoidosa.

Or plusieurs d’entre eux contiendraient des niveaux importants de toxines, produites par ces algues ou des contaminants, selon l’étude publiée par Alexandra Heussner, de l’université de Constance (Allemagne), et ses collègues. Parmi les 18 produits commerciaux vendus en Allemagne que l’équipe a analysés, tous ceux à base d’Aphanizomenon phos-aquae contiennent ainsi des microcystines, produites par des bactéries contaminantes.

Connues pour leur toxicité hépatique, les microcystines sont considérées comme des cancérogènes humains potentiels (groupe 2B) par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ, qui dépend de l’Organisation mondiale de la santé). Sont également suspectés des effets neurotoxiques, allant jusqu’aux maladies neurodégénératives.

Tous les produits à base d’Aphanizomenon phos-aquae dépassaient la dose journalière admissible (DJA) pour les microcystines (0,04 microgrammes par kilo de poids corporel), du moins pour les enfants et les nourrissons. «Seule l’interdiction de ces produits peut prévenir une exposition aigüe ou chronique aux microcystines», commentent les chercheurs.

Si les autres compléments (Spirulina platensis, Chlorella pyrenoidosa) ne présentaient aucune trace des toxines analysées (microcystines, nodularines, saxitoxines, anatoxine-a ou cylindrospermopsine), tous s’avéraient avoir un effet toxique sur des cellules cultivées in vitro. Un phénomène qui, selon les chercheurs, devrait inciter les autorités sanitaires à une surveillance plus attentive de ces produits, qui demeurent peu encadrés, voire à en interdire la commercialisation.



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