Trop de nitrates, même en haute mer

Le 28 novembre 2014 par Romain Loury
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Le phytoplancton va-t-il crouler sous les nitrates?
Le phytoplancton va-t-il crouler sous les nitrates?
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Le littoral marin n’est pas le seul affecté par un trop-plein d’azote: le processus survient aussi en haute mer, en particulier dans le nord de l’océan Pacifique. En cause, les activités industrielles et agricoles asiatiques, selon une étude publiée jeudi 27 novembre dans la revue Science.

 

Le fait que l’homme affecte le cycle mondial du carbone, à l’origine d’une hausse du CO2 atmosphérique et d’une acidification des océans, n’est plus un secret pour personne. Or le cycle de l’azote semble aussi très altéré par les activités humaines. Et pas que sur le littoral, mais aussi en pleine mer.

C’est ce que révèle l’étude publiée par des chercheurs sud-coréens et américains, qui ont analysé l’évolution du taux de nitrates depuis les années 1960 dans l’océan Pacifique nord, zone allant de la Chine à la Californie. Selon leurs mesures, l’excès de nitrates par rapport aux phosphates s’est largement accru au cours des 50 dernières années.

L’évolution est plus forte à mesure que l’on s’approche de l’Asie, ce que les chercheurs expliquent par «une rapide croissance démographique et une forte hausse de l’activité industrielle dans les pays du nord-est de ce continent». Leur étude montre d’ailleurs qu’il s’agit de dépôts atmosphériques d’azote anthropique, sans lien avec le diazote (N2) naturellement présent dans l’air.

Ecosystème perturbé en surface, puis en profondeur

«C’est un résultat qui donne à réfléchir, je n’aurais en aucun cas pu le prévoir», commente l’un des auteurs de l’étude, David Karl, océanographe à l’université d’Hawaï. «Le Pacifique nord est tellement vaste qu’il est difficile d’imaginer que les humains puissent y avoir une influence sur le cycle naturel de l’azote», ajoute-t-il, n’excluant pas que les océans Indien et Atlantique subissent le même sort.

Le phénomène n’est pas sans rappeler ces diverses «zones mortes» que l’on trouve à travers le monde. Mais il s’agit en général de zones côtières, noyées sous les engrais charriés par les fleuves -dont le Mississippi pour la zone morte du golfe du Mexique, la plus grande au monde. Rien à voir avec l’azote du Pacifique nord, certes anthropique, mais transitant par l’atmosphère.

Selon les chercheurs, cette région du Pacifique est naturellement pauvre en nitrates, ce qui rythme son activité biologique. Il y a donc à craindre une explosion de la photosynthèse par le phytoplancton, ce qui perturberait l’ensemble de l’écosystème dont ces organismes constituent la base. Et pas seulement en surface, mais aussi dans les eaux profondes, qui verront affluer plus de matière organique riche en carbone.



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