Trop d’aluminium dans les laits maternisés

Le 23 octobre 2013 par Romain Loury
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L'aluminium ne provient pas seulement de l'emballage
L'aluminium ne provient pas seulement de l'emballage

Les laits maternisés destinés aux nourrissons contiennent trop d’aluminium, souvent bien plus que le taux admis dans l’eau du robinet, selon une étude britannique publiée dans la revue BMC Pediatrics.

Parmi les 30 laits maternisés analysés par l’équipe de Christopher Exley, de la Keele University à Newcastle-under-Lyme (Staffordshire), aucun n’échappe à la règle: tous contiennent au moins deux fois plus d’aluminium que le seuil de 50 microgrammes/litre (µg/L), que l’UE recommande de ne pas franchir pour l’eau du robinet. Pire, 14 d’entre eux dépassent, parfois de loin, le seuil maximal admis de 200 µg/L.

Le constat s’applique aussi bien aux laits maternisés en poudre qu’à ceux vendus sous forme liquide, des marques bien connues des consommateurs britanniques (Aptamil, Sma, Cow & Gate, Hipp). Parmi les laits liquides, la plus forte teneur était retrouvée dans les produits conditionnés en bouteille plastique (Cow & Gate Growing Up, Aptamil Toddler), tandis que les produits à base de soja (Sma Wysoy Soya Infant Formula, Cow & Gate Soya Infant Formula) remportaient la palme parmi ceux en poudre.

S’ils enfreignent les recommandations pour l’eau du robinet, aucun de ces produits n’exposerait les enfants à l’aluminium au-delà de sa dose hebdomadaire acceptable (DHA), fixée à 1 milligramme par kilo (mg/kg) de poids corporel. Toutefois, cette valeur, «fréquemment remise en cause par des scientifiques travaillant sur l’exposition à l’aluminium», a été déterminée pour les adultes, et ne repose sur aucune étude menée chez l’homme [1], rappellent les chercheurs.

 

Emballage et ingrédients

Selon eux, l’aluminium de ces laits maternisés pourrait en partie provenir de l’emballage, mais aussi de «la myriade d’ingrédients» qui entrent en jeu dans leur fabrication. Seule certitude, les industriels se montrent peu empressés de rectifier le tir: aucun changement de packaging n’a eu lieu depuis 2010, année où l’équipe a publié une étude, très médiatisée outre-Manche, pointant déjà l’excès d’aluminium dans ces produits.

Selon l’Etude de l’alimentation totale française (EAT2), publiée en juin 2011, l’aluminium, qui affecte le système nerveux central et les os, entre dans la classe des «substances pour lesquelles le risque toxicologique ne peut être écarté». Selon ses résultats, 0,2% des adultes et 1,6% des enfants dépasseraient la valeur toxicologique de référence (VTR).

Leur exposition aurait augmenté de respectivement 50% et 40% depuis l’étude EAT1, réalisée 7 ans auparavant, tout en restant cependant à un niveau moyen «très faible», estime l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

[1] Ce qui est d’ailleurs la règle pour les valeurs toxicologiques, extrapolées à l’homme à partir d’études menées chez l’animal.



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