Trop chère l’Energiewende?

Le 27 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Peter Altmaier, le coût de la transition allemande pourrait s'élever à 1.000 milliards d'euros d'ici à 2030.
Pour Peter Altmaier, le coût de la transition allemande pourrait s'élever à 1.000 milliards d'euros d'ici à 2030.

Régulièrement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) audite la politique énergétique de ses pays membres.

Vendredi 24 mai, l’agence de l’OCDE a rendu publiques son analyse du cas allemand. La transition énergétique allemande (l’Energiewende) n’a pas toujours eu bonne presse dans les couloirs parisiens de l’AIE. On y a longtemps estimé que la fermeture accélérée des dernières centrales nucléaires d’outre-Rhin s’apparentait plus à de la destruction de valeur qu’à une révolution énergétique.

Ces temps semblent révolus. Mais l’AIE reste vigilante. Dans sa volumineuse étude, elle met en garde l’administration Merkel contre une possible dérive des coûts. Pour les ménages, le montant de la facture d’électricité a déjà doublé, durant la dernière décade. Or les ambitions énergétiques de Berlin restent très ambitieuses: réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020 (55% en 2030 et plus de 80% en 2050), amélioration de 50% de l’efficacité énergétique entre 2008 et 2050, le tiers de l’électricité produite par des énergies renouvelables d’ici à 2020. La seule adaptation des réseaux de transport et de distribution nécessite environ 70 milliards d’euros de travaux. Sans compter la construction de nouvelles centrales, de nouveaux gazoducs. `

Au total, a récemment rappelé Peter Altmaier, ministre fédéral de l’environnement, le montant de la facture pourrait s’élever à 1.000 Md€ d’ici à 2030. Aussi l’AIE plaide-t-elle pour que l’Allemagne adopte une approche plus économique dans le déploiement des énergies renouvelables.

Une recommandation qui rappelle d’ailleurs étrangement les conclusions du dernier sommet européen [JDLE]. Pour ne pas risquer de voir diminuer le soutien populaire dont bénéficie l’Energiewende, l’agence parisienne suggère à Berlin de mieux répartir les charges financières. Ce qui suppose de diminuer (voire de supprimer) les exonérations à la taxe sur les renouvelables dont bénéficient les grandes entreprises. Cette contribution est actuellement uniquement payée par les PME et les ménages.

L’Allemagne, estime enfin l’AIE, doit renforcer son action si elle veut atteindre les objectifs énergétiques et climatiques qu’elle s’est fixés. Ce qui passe probablement par un coup de pouce donné au gaz pour réduire la contribution du charbon dans la production d’électricité allemande. Outre-Rhin, près d’un électron sur deux est issu d’une centrale à charbon ou au lignite.



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