Troisième accord majeur sur le climat

Le 15 octobre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'amendement de Kigali permettra de ralentir le réchauffement.
L'amendement de Kigali permettra de ralentir le réchauffement.
NRDC

Incroyable! Pour la troisième fois, en 10 mois, la communauté internationale a conclu, ce samedi 15 octobre, un accord contraignant sur la production et l’utilisation des HFC, les pires gaz à effet de serre.

 

Après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, la création d’un marché de quota pour l’aviation civile, voici déclarée hors-la-loi la famille des hydrofluorocarbures (HFC), les plus puissants gaz à effet de serre (GES) du moment.

191 pays

Dans les premières heures de ce samedi 15 octobre, à l’issue d’une semaine de négociation, la 28e conférence des parties au protocole de Montréal a accouché d’un texte important. Réunies à Kigali (Rwanda), les 191 parties à l’accord qui régule les gaz mitant la couche d’ozone[1] ont accepté un amendement au protocole de Montréal interdisant progressivement production et utilisation des HFC.

Composés de carbone, de fluor et d'hydrogène, les HFC sont utilisés comme agents réfrigérants, gaz propulseurs dans les bombes aérosols, agents d'expansion des mousses. Ces gaz de synthèse ont été développés en substitution aux HCFC, eux-mêmes substituts des CFC, miteurs de la couche d’ozone. Le pouvoir de réchauffement global des HFC peut atteindre 15.000 fois celui du CO2.

Pour satisfaire certains pays très réticents, comme l’Inde, les négociateurs ont divisé le monde en trois catégories: pays développés (dits non A5)[2], une centaine de pays émergents ambitieux (groupe 1) et les pays en développement les plus réticents (groupe 2)[3]. A chaque famille ses objectifs spécifiques.

trois groupes

Dès 2019, les pays les plus industrialisés (dont l'Unio européenne) devront réduire de 10% utilisation et production de HFC. Cet objectif sera repoussé de 10 ans pour les pays du groupe 1 et de 13 ans pour ceux du groupe 2. Le but final de l’amendement de Kigali étant de faire baisser de 85% utilisation et production de HFC dans le monde. But que les pays riches devront atteindre dès 2036. Ceux du groupe 1 disposeront de 9 années supplémentaires (2045). Les moins courageux ayant obtenu deux années de plus (2047).

80 milliards de tonnes

Selon des calculs de l’Institute for Governance and Sustainable Development (IGSD), un think tank américain, l’éradication totale des HFC permettrait d’éviter le rejet dans l’atmosphère de l’équivalent de 100 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2050. Soit 10% de l’effort à réaliser pour stabiliser le réchauffement à 2°C. Nous n’en sommes pas tout à fait là. Néanmoins, l’amendement de Kigali pourrait éviter l’émission de 80 milliards de tonne équivalent carbone d’ici à 2050, estime David Doniger du Natural Resources Defense Council, autre ONG US.

forte croissance

Ces dernières années, l’industrie des HFC a connu un véritable boom. Le développement massif de la climatisation, notamment, en Asie et au Moyen-Orient, explique les taux de croissance de sa production supérieurs à 10 par an. En France les émissions ont atteint, en 2015, 18,8 millions de tonnes équivalent CO2: 10 fois plus qu’en 1995, rappelle le Citepa.

Avec ce troisième accord international, conclu en moins de 10 mois, la COP 22 s'ouvre (dans 3 semaines) sous les meilleurs augures possibles.

 



[1] Certains de ces gaz, tels les HFC, sont aussi de puissants GES.

[2] Le Belarus, la Russie, le Kazakhstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan disposeront de délais plus longs.

[3] En font notamment partie les pays du Golfe, l’Inde, l’Iran, l’Irak et le Pakistan.

 



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