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Trois néonicotinoïdes interdits (partiellement) en Europe

Le 29 avril 2013 par Marine Jobert
La France perd 300.000 colonies par an depuis 15 ans.
La France perd 300.000 colonies par an depuis 15 ans.
DR

Pendant deux ans, trois insecticides vont être interdits dans l’Union européenne. Bannis des cultures attractives pour les abeilles, les néonicotinoïdes resteront toutefois autorisées pour certains usages. La Commission européenne était à la manœuvre pour obtenir des 27 Etats membres ce vote, qui va permettre de tester grandeur nature l’impact de ces produits réputés toxiques pour les pollinisateurs, domestiques comme sauvages.

C’est un moratoire obtenu de haute lutte par la Commission européenne: à compter du 1er décembre 2013, trois insecticides suspectés de provoquer l’effondrement des colonies d’abeilles seront interdits d’utilisation dans toute l’Union européenne, à certaines conditions. Depuis un avis scientifique de l’agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) rendu le 16 janvier dernier [JDLE], les soupçons qui pesaient sur l’action délétère de ces néonicotinoïdes -chlothianidine, imidaclopride et thiamétoxam- appelaient une réaction de la part de l’Union européenne. Pour la 3ème fois, la Commission européenne a donc soumis au vote des Etats membres cette interdiction temporaire. Son rejet à la mi-mars [JDLE] avait consterné les associations écologistes et les syndicats apicoles. Le vote du jour du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale dans sa formation d’appel sonne –pour deux ans- le glas du Gaucho, du Régent, du Cheyenne, du Poncho et autre Cruiser. 15 Etats se sont prononcés en faveur de cette interdiction, 8 ont voté contre et 4 se sont abstenus. Faute de majorité qualifiée, c’est à la Commission européenne qu’il revient d’édicter  les mesures.

 

L’interdiction porte sur le recours aux néonicotinoïdes pour  les semences enrobées, les micro-granules (traitement du sol) la pulvérisation (traitement foliaire) sur les cultures qu’affectionnent les abeilles, à savoir le colza, le maïs, le tournesol et le coton. Lorsqu’ils sont effectués sous serre ou en plein champ après la floraison, ces traitements restent toutefois autorisés, et ce même pour les cultures qui attirent les abeilles. Enfin, les usages qui restent autorisés ne sont désormais accessibles qu’aux professionnels.

 

Tout en exprimant leur «joie» devant cette décision qui vient couronner «15 années de lutte acharnée», l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) se dit inquiète devant cette série de dérogations. «Ce sont des molécules très puissantes, qui restent dans la terre, et dont la durée de vie est de 3-4 ans», rappelle Henri Clément, porte-parole de l’Unaf. «Si, sur un champ d’orge traité avec un néonicotinoïde une année, vous semez du tournesol l’année suivante, celui-ci est toxique», explique t-il au Journal de l’environnement. Le traitement sous serre est globalement moins risqué, «sauf si ce sont des cultures qui ont besoin des abeilles, comme les courgettes ou les fleurs, que l’on pollinise en hiver avec des ruchettes introduites dans les serres.»

 

Une crainte qui vaut également pour les céréales à pailles semées en hiver, les betteraves, ou les traitements en forêts ne sont concernés par cette interdiction. «En France, c’est un tiers des céréales à pailles qui est traité avec les néonicotinoïdes, alors que ces mêmes cultures sont utilisés en rotation avec du tournesol, très attractif pour les abeilles», rappelle Olivier Belval, le président de l’Unaf.

 

Le commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, Tonio Borg, s’est engagé «à faire le maximum pour faire en sorte que nos abeilles, qui sont si essentielles à notre écosystème et contribuent pour plus de 22 milliards d’euros chaque année à l’agriculture européenne, soient protégées.» «Cette suspension ne constitue, en réalité, qu'une première étape», analyse Sandrine Bélier, députée européenne des Verts/ALE et membre de la commission Environnement. «Une interdiction complète de tous les néonicotinoïdes est essentielle pour empêcher l'effondrement de nos colonies d'abeilles, car seule cette interdiction totale mettra fin à l'exposition des insectes non ciblés à ces composés systémiques qui restent dans le sol et parviennent dans le nectar et le pollen au fil des années.»

 

Parmi les Etats opposés à cette interdiction temporaire, on compte la Grande-Bretagne, la Hongrie et l’Italie. La France, l’Espagne et l’Allemagne ont, elles, soutenu l’interdiction. Stéphane Le Foll a déclaré «se réjouir de ce moratoire sur les néonicotinoïdes à l’échelle européenne, qui seule permet une protection efficace des abeilles tout en préservant la compétitivité des agriculteurs français par rapport à leur collègues européens.»

 

Ce vota a fait l’objet d’un lobbying effréné de la part des industriels du secteur qui avaient déployé tous leurs efforts pour convaincre les commissaires concernés par le dossier de l’ineptie d’une telle régulation. Des courriers envoyés par Bayer et Syngenta ont été rendus publics par une ONG bruxelloise [JDLE].

 



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