Triskalia: la France bientôt visée par une enquête européenne?

Le 27 avril 2017 par Romain Loury
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Une affaire portée à l'échelle européenne
Une affaire portée à l'échelle européenne
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L’Etat français pourrait bientôt faire l’objet d’une enquête de la Commission européenne au sujet de l’affaire opposant la coopérative bretonne Triskalia à plusieurs de ses anciens salariés. Saisie par plusieurs associations de soutien à d’ex-salariés victimes des pesticides, la commission des pétitions du Parlement européen s’est engagée à relayer leur demande.

Plusieurs salariés de l’entreprise ayant travaillé sur le site de Plouisy (Côtes-d’Armor)souffrent d’hypersensibilité aux produits chimiques multiples (MCS) suite à une intoxication par des pesticides, utilisés pour le stockage des semences. Deux d’entre eux ont eu gain de cause en septembre 2016, la justice ouvrant un droit à l’indemnisation après qu’a été reconnue la «faute inexcusable» de l’employeur.

Un courrier envoyé à la Commission

Mardi 25 avril à Bruxelles, 4ex-salariés de Triskalia et la veuve d’un autre ont témoigné devant les eurodéputés, afin d’obtenir une enquête européenne sur la responsabilité de l’Etat français dans les préjudices subis.

A l’unanimité, les députés de la commission des pétitions ont décidé d’adresser à la Commission européenne «un courrier pour lui demander une enquête dès que possible sur l’utilisation des pesticides dans l’entreprise Triskalia, et plus largement dans les autres entreprises du secteur agroalimentaire de Bretagne», indiquent les associations[i].

«L'absence d'information, d'actions de formation et de protection sur notre lieu de travail pose la question du contrôle par les autorités françaises compétentes des activités ayant trait à l'utilisation de pesticides sur des denrées alimentaires stockées soit pour l'alimentation humaine, soit pour l'alimentation animale», indique leur pétition, signée par plus de 82.000 personnes.

Une cargaison de maïs également visée

Contacté par le JDLE, le porte-parole du comité de soutien aux victimes des pesticides de Triskalia, René Louail, estime qu’«il faudra attendre au moins juillet pour que cela bouge»[pour que la Commission européenne donne suite ou non], et que cela se fera «plutôt après l’été».

A ces affaires s’en est greffée une autre, mi-décembre 2016, avec le blocage dans le port de Brest d’une cargaison de 25.000 tonnes de maïs traité à la phosphine, pesticide très toxique. Suite à des analyses, Triskalia, propriétaire de ce maïs, avait affirmé qu’il était bien conforme tandis que les associations s’étonnaient du silence de l’Etat.

Selon les associations, «les députés ont également décidé, toujours à l’unanimité, de demander à la France de rendre publics les résultats des analyses concernant le maïs contaminé à la phosphine stocké sur le port de Brest».



[i] Union régionale Solidaires de Bretagne, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, Collectif de soutien aux victimes des pesticides de Triskalia, Générations futures

 



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