Tricastin 1 redémarre après sa quatrième visite décennale

Le 20 décembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tricastin 1 : partie pour devenir la plus vieux des réacteurs en activité.
Tricastin 1 : partie pour devenir la plus vieux des réacteurs en activité.
VLDT

L’Autorité de sûreté nucléaire a accepté, cette semaine, la poursuite de l’exploitation de la première tranche de la centrale nucléaire du Tricastin, à l’issue de sa quatrième visite décennale.

Ce n’est pas tous les jours qu’une bonne nouvelle nucléaire parvient à EDF. Et pourtant, dans le courant de la semaine, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son accord à la poursuite de l’exploitation de la première tranche de la centrale nucléaire de Tricastin, à la suite de sa quatrième visite décennale (VD4).

EDF prévoit un redémarrage en douceur. Le réacteur à eau sous pression de 900 MWe ne devrait être reconnecté au réseau que le 22 décembre. Pour autant (et contrairement à ce que nous avions hâtivement annoncé dans l'édition de vendredi), cette décision ne signifie pas un renouvellement d'autorisation de fonctionnement pour 10 ans. Le feu vert vers le demi-siècle ne sera donné qu'à la suite d'un processus en cours, encore inachevé.

long processus

C'est à la fin de l'année prochaine que l'ASN doit publier son avis générique sur la possible poursuite de l'exploitation des 34 réacteurs de 900 MW. Dans le courant de l'année suivante sera organisée l'enquête publique sur un possible allongement de la durée de vie de Tricastin 1, cette fois. C'est à la vue du dossier présenté, à cette occasion, par l'exploitant (notamment le chapitre concernant les mesures de mise à niveau de la sûreté) que le gendarme du nucléaire se prononcera, en 2022, sur un possible allongement de la durée de vie de Tricastin 1.

En attendant, EDF, ne masque pas sa satisfaction. Pour l'électricien, ce succès préliminaire valide le Grand carénage de mise à niveau de ces 58 réacteurs. Un programme pour lequel l’énergéticien prévoit d’investir 45 milliards d’euros entre 2014 et 2025, rappelait, dans nos colonnes, Etienne Dutheil, directeur de la production nucléaire d’EDF et concepteur dudit Grand Carénage.

5.000 intervenants sur 80 chantiers
A Tricastin, la VD 4 du premier réacteur aura, globalement, nécessité l’intervention de 5.000 personnes sur 80 chantiers menés sur plusieurs années. «Les coûts des travaux de maintenance et de mise à niveau de sûreté pour la seule VD 4 seront de 250 millions d’euros», estime le directeur de la centrale, Cédric Hausseguy.

A cela, il faudra ajouter le montant de la facture du «post-Fukushima»: la construction du groupe diesel de dernier secours (une quarantaine de M€) et la réalisation du radier récupérateur de combustible en fusion (20 millions M€).

Le possible passage aux «50 ans» de Tricastin 1 (voire d'autres réacteurs) pourrait faire sourire aux Etats-Unis. La quasi-totalité de la flotte des réacteurs US est autorisée à fonctionner pendant 60 ans. Le 4 décembre dernier, la Nuclear Regulatory Commission (NRC, le gendarme du nucléaire américain) a autorisé Florida Power and Light Company à exploiter 80 ans les réacteurs 2 et 3 de sa centrale de Turkey Point.



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