Tremblement de terre : (presque) pas de conséquences nucléaires

Le 11 novembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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De nombreuses régions sont régulièrement frappées par des séismes.
De nombreuses régions sont régulièrement frappées par des séismes.
IRSN

Les trois tranches en service de la centrale de Cruas ont été arrêtées par précaution. L’ASN devra fixer les conditions de leur redémarrage.

Le séisme qui a frappé, ce 11 novembre, la Drôme et l’Ardèche est tout sauf anecdotique. Selon le bureau central sismologique français, la magnitude du tremblement de terre, dont l’épicentre était situé à 26 km au sud de Privas, a atteint 5,4 (sur une échelle de 9) : du jamais vu dans l’Hexagone depuis 2003.

Les secousses, qui ont été ressenties pendant une dizaine de secondes de Clermond-Ferrand à Marseille, ont provoqué de nombreux dégâts dans les départements de l’Ardèche et de la Drôme. Quatre blessés ont été recensés. La ville du Teil (Ardèche) a été particulièrement frappée. Environ 250 bâtiments publics et privés ont été sinistrés. Devant l’ampleur des dégâts, la mairie a fait évacuer des centaines d’habitants, qui ont été regroupés dans des gymnases.

12 réacteurs rhôdaniens

Les regards se sont rapidement tournés vers EDF qui exploite quatre centrales nucléaires dans la vallée du Rhône: Bugey, Cruas-Meysse, Saint-Alban et Tricastin. Dans un communiqué, l’électricien indique poursuivre normalement l’exploitation des 8 réacteurs des installations de Bugey, Saint-Alban et Tricastin.

En résumé. La puissance du tremblement de terre du 11 novembre, est proche de celle du séisme historique ayant servi à calibrer la résistance antisismique des centrales nucléaires. «Mais ce n'est pas parce que l'on a rien observé dans les centrales qu'il ne faut pas aller voir. C'est précisément la raison pour laquelle EDF a arrêté les tranches de Cruas», précise Thierry Charles, DGA en charge de la sûreté à
l'IRSN.

En revanche, après avoir enregistré «des vibrations» sur le site de Cruas-Meysse (distant de 15 km de l'épicentre), l’industriel a arrêté, lundi 11 novembre à 18 heures, la production des tranches 2, 3 et 4, pour «procéder à des contrôles complémentaires et préventifs». Le réacteur numéro 1 était à l’arrêt pour des travaux de maintenance.

Menaces sur Cruas

Sur son site du Tricastin, où des «secousses ont bien été ressenties», Orano indique qu’aucun dégât n’a été constaté. «Il n’y a eu aucun impact sur la sûreté de nos installations qui sont actuellement en exploitation», poursuit le service de presse de l’ex-Areva.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) note toutefois que «certaines installations ont été temporairement arrêtées, sans que cela soit pour des motifs de sûreté.»

vérifier les valeurs

Dans un communiqué, le gendarme de l’atome français indique avoir demandé à EDF de vérifier si les valeurs enregistrées dépassaient les seuils à partir desquels un examen plus poussé des installations, nécessitant l’arrêt des réacteurs, est nécessaire.

«Ce n’est pas le cas pour la centrale nucléaire du Tricastin, la plus éloignée de l’épicentre du séisme. En revanche, l’un de ces seuils a été atteint sur la centrale de Cruas-Meysse, ce qui a conduit EDF à décider d’arrêter les réacteurs de ce site. L’ASN examinera les conditions dans lesquelles ces réacteurs pourront redémarrer.»

 

 



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