Traquer le BPA et les phtalates dans l’urine des Franciliens

Le 13 mai 2013 par Marine Jobert
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Analyser l'urine pour détecter l'exposition multi-facteurs au BPA et aux phtalates.
Analyser l'urine pour détecter l'exposition multi-facteurs au BPA et aux phtalates.
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Bannir les canettes, les bouilloires en plastique et les filtres à café en plastique, ne pas chauffer des boîtes en plastique au four micro-ondes, abandonner le vernis à ongles, s’abstenir de nettoyer sa voiture (l’intérieur comme l’extérieur) ou de réaliser des travaux chez soi. Voilà la liste des choses que les volontaires, qui vont participer à l’étude expérimentale lancée par le réseau Environnement-santé (RES), en partenariat avec la Mutualité française Ile-de-France et la Mutuelle Familiale, et avec le soutien du conseil régional d’Ile-de-France, devront respecter. Objectif: mesurer si l’imprégnation en bisphénol A (BPA) et en phtalates diminue  lorsqu’on limite l’exposition aux sources connues comme étant les plus contaminantes. Pour ce faire, les volontaires sont invités à confier par deux fois leur urine pour analyse. Entre les deux prélèvements, les mesures dites d’éviction doivent être respectées. «Nous ne sommes pas l’Institut national de veille sanitaire ou le ministère de la santé, on ne peut pas mener de cohorte d’ampleur», admet Soléane Duplan, coordinatrice au RES. «Mais l’imprégnation de la majorité de la population est bien réelle, et il existe très peu de travaux sur le sujet en France», explique-t-elle.

 

Une première étude avait été menée sur le même principe dans le Nord-Pas-de-Calais en 2011. Seule la contamination en BPA avait été recherchée. Sur les 48 volontaires testés, seulement 6 n’avaient pas montré d’imprégnation avant et après éviction. Chez 18 sujets, le taux de BPA baissait après éviction, alors que la majorité des sujets (24) présentaient un taux de BPA qui augmentait. «Contrairement à ce qui était attendu, l’éviction de l’ingestion de BPA en évitant les sources habituellement identifiées dans l’alimentation ne s’est pas traduite par une chute d’imprégnation pour tous les sujets (…) Les sources alimentaires de BPA constituent-elles l’essentiel des sources quotidiennes très variées d’exposition ou ne représentent-elles que la ’partie découverte de l’iceberg‘?», s’interrogeaient alors les auteurs de l’étude. Et de citer, suite à une étude téléphonique auprès des sujets dont le taux de BPA avait augmenté, d’autres sources d’exposition: prothèse dentaire, exposition cutanée par la manipulation des objets de la vie quotidienne (gants, papier thermique, objets en plastique) ou encore par l’exposition respiratoire lors de travaux de décapage. «Cette enquête (…) a été difficile à mener, car les sources de BPA sont innombrables et les sujets avaient pu oublier les différentes sources de BPA auxquelles ils avaient été exposés pendant la période d’éviction alimentaire.» Ces résultats, qui peuvent sembler fragiles, mettent surtout en lumière la multiplicité des facteurs d’exposition.

 

L’étude menée en Ile-de-France, et coordonnée par la gynécologue Marianne Buhler, souhaite vérifier la pertinence des mesures d’éviction alimentaire dans la diminution des taux d’imprégnation. Le BPA total –c’est-à-dire le BPA métabolisé par l’organisme, et non uniquement le BPA libre- sera analysé, ainsi que les métabolites des phtalates (MEPH, PEOP, MEP, MnBP, DnBP, BPzP). Les résultats de l’étude pourraient être publiés d’ici la fin de l’année 2013 dans une revue scientifique, comme l’a été la première étude réalisée dans le Nord-Pas-de-Calais.



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