Transports ma non troppo

Le 15 mai 2017 par Marine Jobert
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le vélo,en timide envol.
le vélo,en timide envol.

On freine sur le TGV, on accélère sur la voiture électrique et on passe au braquet supérieur pour le vélo.

Les appellera-t-on bientôt «les cars du président»? Les autocars libéralisés par l’ancien ministre de l’économie -et désormais hôte de l’Elysée- sont peut-être le changement le plus visible de la politique des transports du quinquennat. Leur succès a fait opter quelque 3,4 millions de personnes pour la route pour leur première année de mise en circulation, au détriment du train notamment. Sur les autoroutes, le gel des tarifs consenti par Ségolène Royal aux sociétés concessionnaires sont restés en travers de la gorge (et du portefeuille) des utilisateurs, qui devront débourser 500 millions d’euros dans les 20 ans qui viennent, selon une évaluation de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer). En 2015, la contrepartie de l’allongement des concessions a fait bondir les dividendes de 127,5%, supérieurs au bénéfice du secteur.

Un milliard pour la route

L’Etat a réaffirmé son soutien financier et politique au projet d’autoroute entre Lyon et St Etienne, dont la déclaration d’utilité publique a été publiée en 2008. Fortement contestée au plan local, cette future A45 est vue d’un bon œil par les politiques régionaux, de droite comme de gauche. En septembre 2016, un milliard d’euros de travaux ont été annoncés, dont 30 projets d’échangeurs, des aires de covoiturage, des éco-ponts et des murs antibruit.

Un transport ferroviaire à la peine

Dans un rapport rendu en septembre 2016, les sénateurs de la commission des finances avaient estimé que le réseau ferroviaire français dans son ensemble était dans un état «alarmant», au point de préconiser de «geler pendant une quinzaine d’années le financement par l’Etat des nouveaux projets de ligne à grande vitesse, en vue de donner la priorité à la modernisation des réseaux existants dans un contexte budgétaire très contraint». C’est à peu près à ce moment que la fermeture de 6 des 8 liaisons de train de nuit était annoncée. L’affaire est entendue pour la ligne Poitiers-Limoges (quoi qu’ait pu en dire François Hollande devant un auditoire corrézien-, dont la déclaration d’utilité publique a été invalidée par le Conseil d’Etat en avril 2016. Mais les lignes Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse, dont les financements restent encore très aléatoires, restent un dossier inachevé du quinquennat. Le projet d’autoroute ferroviaire (c’est-à-dire des trains spéciaux circulant sur le réseau existant pour transporter les remorques des poids lourds) d’une longueur de 1.000 kilomètres entre Dourges (Pas-de-Calais) et Tarnos (Landes) a été purement et simplement enterré en avril 2015. En région parisienne, la liaison Roissy-CDG/gare du nord a eu les faveurs du gouvernement sortant,             

La voiture électrique, la chouchoute

Une pluie de subventions s’est abattue sur la voiture électrique, qui aura clairement eu les faveurs du gouvernement Valls, avec un recentrage du barème du bonus écologique, qui s’élève désormais à 6.000 €. Les hybrides rechargeables bénéficieront d'un bonus de 1.000 €. Pour 2017, un bonus écologique de 1.000 € a été créé dans la loi de finances pour les 2 et 3 roues électriques. Et les propriétaires de vieux véhicules diesel (particuliers ou utilitaires) peuvent bénéficier jusqu’au 31 décembre d’une prime de 10.000 € pour l’achat d’une voiture électrique.

Des bornes dans les bâtiments neufs

Quid des bornes de recharge? Les entreprises sont également mises à contribution: l’installation par leurs soins de bornes de recharge privées peuvent leur permettre de bénéficier d’un crédit de 40% du coût de l’installation, voire d’être exonérées de la redevance d’occupation si le projet est installé sur la voie publique et de dimension nationale. Tous les bâtiments neufs doivent désormais comporter des places de stationnement pré-équipées pour recevoir des bornes de recharge pour véhicules électriques. A prévoir aussi: un nombre de places de stationnement vélo.

Triste vélo

Car le vélo, sans atteindre une part modale critique, aura connu quelques développements positifs et un véritable engouement de la part des Français. Quelque 3 millions de bicyclettes ont été vendues en France en 2016. Dernier épisode en date: l’aide pour l’achat de vélos à assistance électrique pouvant aller jusqu’à 200 euros, prévue pour durer jusqu’au 31 janvier 2018. Une aide qui a été élargie aux entreprises. Reste que l’indemnité kilométrique vélo (IKV), qui a fêté son premier anniversaire en février, n’a bénéficié qu’à 54.000 salariés sur le territoire. De surcroît, son montant reste faible: 0,25 €/km. Quant à l’expérimentation de l’IKV menée dans la fonction publique, elle s’achève par mort naturelle, la ministre de l’environnement ne l’ayant pas pérennisée avant de quitter Roquelaure. Reste en mémoire l’imbroglio des subventions accordées à 6 des principales associations qui œuvrent pour une politique du vélo décente en France: après les avoir attendues, demandées; après avoir alerté et dénoncé cette absence de versement de subsides pour l’année écoulée, trois d’entre elles –celles dédiées au vélo tourisme- en ont été finalement évincées. Un signal politique funeste, quand nombre de pays européens ont su développer tourisme, territoires et économie grâce au cyclotourisme.

 



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