Transports: le projet national ne fait pas l’unanimité

Le 19 juillet 2010 par Célia Fontaine
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Le ministère de l’Ecologie a dévoilé le 13 juillet dernier son avant-projet de schéma national d’infrastructures de transport (SNIT). Il propose plusieurs actions en matière d’entretien, de modernisation et de développement des réseaux de transport relevant de la compétence de l’Etat. Ferroviaire, transports en commun, fluvial et maritime sont à l’honneur, mais également autoroutes, au grand dam de certaines associations.

La loi « Grenelle I »  prévoit en son article 17 que le SNIT «  sera élaboré en 2009 en concertation avec les parties prenantes du Grenelle ». Force est de constater que le projet a déjà pris du retard, puisque le schéma définitif ne sera arrêté qu’à la fin de l’année 2010…

L’idée générale de la démarche est de mieux organiser transports et développement durable, «  en privilégiant les transports alternatifs à la route », précise le communiqué du ministère de l’Ecologie du 13 juillet. Il révise le Comité interministériel de l'aménagement et du développement du territoire (CIADT) de 2003 qui établissait notamment une liste de grands projets d’infrastructures devant être réalisés par l’État.

Le ministère prévoit ainsi d’investir 170 milliards d'euros sur 20 à 30 ans, et attend en échange d’importants bénéfices, comme «  une contribution à la réduction des émissions de CO2 avec une économie estimée d’environ 100 millions de tonnes de CO2 sur 50 ans (soit 2 millions de tonnes par an) ».

Le plan d’actions identifie une soixantaine de grands projets à réaliser. Le ferroviaire est classé comme prioritaire, avec l’inscription au SNIT de quelques 4000 km de voies ferrées supplémentaires. Parmi les projets à engager avant 2020, la ligne grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) Tours – Bordeaux ou encore Bordeaux-Espagne. Après 2020, il est proposé de lancer la ligne Paris-Orléans-Clermont-Lyon.

Le transport fluvial est remis au goût du jour avec l’inscription au projet du Canal Seine Nord Europe. L’article 11 de la loi Grenelle I indique que ce canal à grand gabarit «  permettra le report vers la voie d'eau de 4,5 milliards de tonnes-kilomètres par an, soit l'économie de 250 000 tonnes de dioxyde de carbone par an ». Le projet de SNIT évoque 370 km de voies d’eau à grand gabarit inscrites. Une dizaine de projets portuaires sont également prévus.

En ce qui concerne le transport aérien , deux projets d’aéroports sont retenus : celui de Mayotte et de Notre-Dame des Landes. Ce dernier, dans les cartons depuis plus de 30 ans, continue de provoquer débats et oppositions chez les riverains, agriculteurs et écologistes. Il est reproché à ce projet d’être surdimensionné (il n’y aurait aucun problème de saturation à l’aéroport de Nantes), onéreux et peu respectueux de l’environnement. L’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes (Acipa), indique sur son site que le projet menace une des dernières zones de bocage du département, «  qui présente des milieux de qualité, en mosaïque, favorables à la présence d’une faune et d’une flore diversifiées ». Elle fait également état des «  risques très importants liés à la pollution et à l’imperméabilisation de vastes surfaces en zone de bassins versants ». La construction du nouvel aéroport a été officiellement autorisée en février 2009.

Mais le point du SNIT qui soulève le plus de questions reste celui des autoroutes . Pour Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, c’est « une relance massive de la construction d’autoroutes en France » qui est proposée, «  à une date pas vraiment innocente, en pleine période estivale ». Le ministère déclare vouloir «  optimiser le système de transport existant pour limiter la création de nouvelles infrastructures », et souligne que le projet de SNIT «  ne prévoit pas d’augmentation de la capacité globale du réseau routier ou autoroutier ». Cependant, il faut relever que 19 projets [1] ont été inscrits dans le SNIT, justifiés par l’intérêt local ou les enjeux de congestion ou de sécurité. Cela revient à étendre le réseau autoroutier français de plus de 8%, soit 879 kilomètres inscrits au SNIT (pour un réseau autoroutier de 11.042 km), selon Agir pour l’environnement. Coût théorique de l’opération : 7.4 milliards d’euros (mais l’enveloppe dépassera vraisemblablement les 10 à 12 milliards d’euros).

L’association regrette également le manque de concertation avec les associations membres du Grenelle à ce jour. Trop souvent « repoussée à plus tard », elle aurait dû intervenir avant la publication de l’avant projet, estime Stéphen Kerckhove.

Pour l’heure, le projet de SNIT fait l’objet de discussions avec une émanation technique du Comité National du Développement Durable et du Grenelle de l’Environnement (CNDDGE). Il sera ensuite soumis à l’autorité environnementale (AE) pour avis avant d’être débattu au Parlement à la rentrée.

Voir l'avant-projet de SNIT



[1] Villes concernées : Gap, Rouen, Mâcon, Toulouse, Lille, Chartre, Moulins, Montpellier, Tours, Orgeval, Salon-de-Provence, Arles, Lyon, Vesoul, Auxerre



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