Transports: «le moment ou jamais» de la transition

Le 26 janvier 2017 par Romain Loury
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Karima Delli
Karima Delli

Mercredi 25 janvier, l’eurodéputée française Karima Delli (EELV) a été élue présidente de la commission transports et tourisme du Parlement européen. Un secteur à la croisée entre économie, santé et environnement, qu’elle souhaite rendre plus visible auprès des citoyens. Entretien avec le JDLE.

Entrée au Parlement européen en 2009, Karima Delli fait partie des quatre eurodéputés EELV français à y avoir retrouvé sa place en 2014. Notamment en tant que membre de la commission transports et tourisme (TRAN), dont elle a été élue présidente mercredi 25 janvier.

JDLE: Après trois ans passés à la commission transports, quel est votre constat général sur son travail?

Karima Delli: C’est une commission qui a un impact direct sur la vie des citoyens, mais elle n’est pas assez forte, comparée à d’autres. Pourtant les transports constituent un secteur-clé, à la croisée de bien des sujets, comme l’environnement, la santé et l’économie. C’est pour cela qu’il faut la rendre encore plus utile et visible auprès des citoyens européens, plus audacieuse. C’est un domaine où il n’est pas facile de faire bouger les lignes, mais les gens connaissent mon énergie et ma détermination.

JDLE: Quels sont selon vous les principaux enjeux à venir?

Karima Delli: Les transports ont un impact important sur le réchauffement climatique, pourtant ils ont été les grands oubliés de la COP21 [les émissions des secteurs de l’aviation et de la marine n’y ont pas été pris en compte, ndlr]. J’ai été rapporteur sur le dossier de la mobilité urbaine douce, et j’ai eu à me battre contre les lobbies industriels. Puis il y a eu l’explosion de l’affaire Volkswagen en septembre 2015, et il a encore fallu se battre pour obtenir la création d’une commission d’enquête [la commission d’enquête sur la mesure des émissions dans le secteur de l’automobile (EMIS), dont Karima Delli est vice-présidente].

Après le Dieselgate, c’est le moment ou jamais de faire la transition. Notamment en ville, en accordant plus de place aux transports publics, au vélo et à la marche à pied: il faut laisser moins de place à la voiture polluante. Il faut arrêter d’investir autant dans des aéroports et des autoroutes. Le report modal, avec un transfert vers le transport ferroviaire, ne doit pas être que dans les mots. Et il faut ouvrir de nouveaux débats, notamment sur la taxe kérosène pour l’aviation.

JDLE: Quel regard portez-vous sur les procédures européennes en cours au sujet du Dieselgate?

Karima Delli: Le Parlement fait son boulot, et la commission EMIS a auditionné aussi bien des experts, des lanceurs d’alerte que des représentants des Etats membres ou de la Commission européenne. Ce qu’il en sort à ce jour, c’est que tout le monde savait, mais que personne n’a rien fait. Nous sommes en train de légiférer sur le système d’homologation des véhicules, il faut sans nul doute renforcer les contrôles. D’une part, en mettant en place une agence européenne qui viendrait contrôler le processus, d’autre part en sanctionnant tous ceux qui ne jouent pas le jeu. Il n’est plus possible de voir des conflits d’intérêt entre les Etats membres et leurs constructeurs automobiles.

A ce jour, l’Europe compte plus de 30 millions de véhicules hors-la-loi sur ses routes, dont 5,5 millions rien qu’en France. Même si la France a mis en place une commission d’enquête, rien ne bouge: des consommateurs ont été escroqués, et ces véhicules sont toujours sur la route. Je ne veux pas d’un monde où respirer tue, et je ferai tout pour lutter contre.



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