Transports: l’Europe veut des voitures un tiers moins carbonées

Le 08 novembre 2017 par Marine Jobert
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80% de véhicules à basse émission en 2030.
80% de véhicules à basse émission en 2030.
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La Commission impose une réduction de 30% des émissions des voitures et camionnettes d’ici 2030, mais aucun volume de véhicule zéro émission. Un cadeau de Noël aux Chinois, dénonce une ONG.

Réduire d’un tiers les émissions des voitures particulières et des camionnettes entre 2021 et 2030, avec un objectif intermédiaire de 15% en 2025. C’est la proposition principale, dans le cadre du paquet Mobilité propre, formulée ce 8 novembre par la Commission. «Des règles ambitieuses, réalistes et applicables», estime Bruxelles, qu’il va falloir maintenant faire valider par le Parlement européen et les Etats. «Grâce aux objectifs intermédiaires fixés pour 2025, nous donnons d'ores et déjà un coup de fouet aux investissements. En établissant des objectifs pour 2030, nous assurons une stabilité et donnons une orientation qui permettront de poursuivre ces investissements», a déclaré Miguel Arias Cañete, le commissaire à l’énergie et à l'action climatique. Un impératif climatique et sanitaire, également, car contrairement à la tendance générale de baisse des émissions de CO2 dans l'Union, celles qui sont liées au transport routier ont augmenté d'environ 20% depuis 1990.

Finis les grammes de CO2 par kilomètre parcouru, qui servaient à situer les émissions des moteurs. C’est désormais en pourcentage d’émissions par rapport à 2021 qu’il faudra apprécier les progrès réalisés par les moteurs thermiques européens. Extrêmement pédagogique.

6 véhicules électriques européens vs 400 asiatiques

Ces annonces interviennent alors que le secteur automobile européen souffre: la part de l'Union dans les ventes mondiales de voitures particulières neuves est passée de 34% avant la crise financière (2008/2009) à 20% aujourd'hui. Et l’Europe a loupé le coche de la voiture zéro émission, puisque seuls 6 modèles de voitures électriques sont disponibles dans l'Union contre plus de 400 en Asie, déplore la Commission.

Aucun quota pour les zéro émission

C’est ce qui rend d’autant plus incompréhensible, aux yeux des ONG, l’autre annonce du jour: l’absence de quotas pour les véhicules zéro émission. Transport&Environment dénonce le travail de sape de dernière minute de l'industrie automobile allemande, qui a poussé la Commission européenne «à faire cadeau d'une régulation inefficace, estime Greg Archer, le directeur de l'équipe ‘Clean vehicles’ de T&E. La suppression des sanctions qui auraient dû être appliquées lorsque les objectifs de véhicules zéro émission ne sont pas atteints est contreproductive. Cela revient à donner le leadership du marché des voitures électriques à la Chine qui sera ravie d'exporter ses modèles vers l'Europe, ce qui mettra en péril les emplois de l'industrie automobile européenne.» A titre de comparaison, la Chine vient d'introduire des quotas obligatoires de véhicules à émissions nulles ou faibles pour les fabricants à compter de 2019. Des quotas qui ont décidé les constructeurs allemands, comme Porsche, à investir, tardivement, dans le développement de véhicules électriques.

L’industrie automobile rechigne

«L'industrie doit avoir le temps de s'adapter», tempère Maroš Šef?ovi?, le vice-président responsable de l'union de l'énergie, qui veut donner aux consommateurs le temps de «l'acceptation» et le choix le plus large possible. Une attitude conciliante qui n’a pas eu l’heur d’adoucir l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA). Opposé à tout objectif intermédiaire, le lobby s’est prononcé pour une réduction de 20% des émissions d'ici 2030, un objectif «atteignable à un coût élevé mais acceptable». Pour une voiture neuve moyenne immatriculée en 2030, les coûts de production supplémentaires s'élèvent à environ 1.000 euros (et 900 pour une camionnette), a calculé la Commission, contre une économie de carburants supérieure pour les consommateurs pendant tout le cycle de vie du véhicule.

 

La Commission a annoncé un plan d'action sur l'infrastructure pour carburants alternatifs, combler les lacunes sur le très stratégique réseau de transport et intensifier les investissements dans les zones urbaines. L’enveloppe va jusqu'à 800 millions d'euros disponibles pour une combinaison de subventions et de prêts, ou pour des instruments financiers (crédits, prêts) dans le cadre du mécanisme pour l'interconnexion en Europe. «Il devrait devenir aussi facile de recharger un véhicule utilisant des carburants alternatifs sur l'autoroute que de faire un plein d'essence à la pompe à l'heure actuelle.» Une initiative sur les batteries vient également d’être lancée, dotée d'une enveloppe de 200 M€ supplémentaires pour la période 2018-2020, à l'appui des activités européennes de développement et d'innovation dans ce domaine.

 

 



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